OpenAI est aujourd’hui au cœur de l’actualité à Wall Street. Mais ce sont surtout les répercussions pour les semaines à venir qui retiennent l’attention.

Le Financial Times a indiqué que le chiffre d’affaires annualisé approchait les 50 milliards de dollars fin septembre, et non les 70 milliards jusque-là largement évoqués.

Cet écart tient en grande partie à des méthodes différentes de calcul du chiffre d’affaires.

Une réaction marquée sur les marchés

Nvidia, AMD, Broadcom et Micron ont tous fortement reculé en Bourse. La croissance reste soutenue, mais les attentes étaient encore plus élevées. Début 2026, le chiffre d’affaires annualisé d’OpenAI s’élevait à environ 20 milliards de dollars.

Fin septembre, il atteignait environ 50 milliards de dollars, soit une croissance d’environ 150 % en neuf mois.

Avec le montant de 70 milliards de dollars précédemment avancé, cette croissance aurait toutefois été de l’ordre de 250 %.

L’écart se situe donc surtout au niveau des attentes. Les investisseurs avaient intégré des taux de croissance extrêmement élevés dans les cours. Dans ces conditions, même un ajustement comptable peut suffire à semer le doute.

Une rotation notable à Wall Street

D’autres segments du marché ont, à l’inverse, progressé. L’indice S&P 500 équipondéré a gagné environ 0,74 %, alors que plusieurs grandes valeurs de l’IA reculaient.

Ce mouvement témoigne d’une nette rotation. Les investisseurs ont pris leurs bénéfices sur les valeurs technologiques les plus prisées pour se repositionner sur des titres restés à la traîne.

Cette rotation peut être temporaire, mais elle révèle les points de fragilité actuels du marché.

Le marché du crédit devient plus exigeant

L’évolution du marché du crédit me paraît encore plus importante. Les primes des CDS à cinq ans de Nvidia, AMD et Broadcom ont fortement augmenté ces derniers mois.

Un CDS est un contrat de protection contre le défaut de paiement. Plus sa prime est élevée, plus le risque anticipé par les investisseurs est important.

Oracle se distingue : sa prime de CDS est passée d’environ 50 à plus de 260 points de base en un an.

Avec un taux de recouvrement supposé de 40 %, ce niveau correspond à une probabilité de défaut d’environ 19,5 % à cinq ans, telle qu’anticipée par le marché.

Cela ne signifie pas qu’Oracle fera faillite. En revanche, les investisseurs examinent de plus en plus attentivement les investissements massifs et les risques de financement.

La prochaine saison de publication des résultats sera donc particulièrement importante.

La croissance du chiffre d’affaires ne suffit plus. Il faut surtout qu’elle soit assez rapide pour justifier les investissements colossaux, les flux de trésorerie et la hausse des risques de crédit.

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