L’action Nvidia rebondit nettement aujourd’hui après l’une des plus fortes chutes de l’histoire du géant des puces. Les investisseurs voient dans la vague de ventes une occasion d’achat, même si les craintes d’un coup de frein politique au développement des centres de données dédiés à l’IA continuent de peser sur le marché.
L’action Nvidia rebondit de 6 %
L’action Nvidia (NVDA) a ouvert aujourd’hui en hausse de plus de 5 %. Ses gains ont ensuite atteint 7,31 % avant de se tasser.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le titre gagne 5,34 %, à 191,56 dollars. Hier, il avait chuté de 9,24 %, passant de 200 à 181,60 dollars.
Il s’agissait de son plus bas niveau depuis le 9 avril. Le rebond d’aujourd’hui a permis d’effacer environ 60 % de cette perte, soit quelque 270 milliards de dollars de capitalisation boursière retrouvée.
Les autres valeurs des semi-conducteurs se redressent également. Dès l’ouverture, le secteur a regagné quelque 600 milliards de dollars de capitalisation boursière. AMD et le fabricant d’équipements pour semi-conducteurs Lam Research ont progressé de plus de 11 %, tandis que le néerlandais ASML gagne environ 6 % à l’approche de la clôture.
Les centres de données dédiés à l’IA dans le viseur politique
Ce rebond intervient après une séance noire. Nvidia a perdu hier quelque 450 milliards de dollars de capitalisation boursière. En valeur absolue, seule la chute provoquée par DeepSeek en janvier 2025 avait été plus lourde.
L’origine de cette chute se trouve à Washington. Lors des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates ont remporté les deux chambres du Congrès. Plusieurs candidats avaient fait campagne contre les centres de données, notamment en raison de la hausse des factures d’énergie.
Le sénateur Bernie Sanders a ensuite accentué les tensions en réclamant un moratoire national immédiat sur les centres de données. Cet appel à suspendre temporairement les constructions touche directement Nvidia, qui fournit précisément ses puces à ces installations.
La banque d’affaires UBS estime que 30 à 40 % des capacités supplémentaires de centres de données prévues aux États-Unis d’ici à 2028 pourraient prendre du retard. Le Texas, qui concentre environ 27 % de ces capacités, inquiète particulièrement les investisseurs.
Avant même la chute d’hier, l’action Nvidia évoluait déjà à plus de 20 % sous son record du début du mois. Depuis plusieurs semaines, les investisseurs s’interrogeaient sur la rentabilité des milliards investis dans l’IA par des géants technologiques comme Microsoft et Meta. Or, ces dépenses alimentent directement le chiffre d’affaires de Nvidia.
Une panique excessive ?
Pour l’heure, cela semble être le cas. Une interdiction de l’IA ou une suspension des constructions à l’échelle nationale nécessiterait de nouvelles lois, auxquelles le président Donald Trump pourrait opposer son veto. Pour passer outre, il faudrait une majorité des deux tiers, dont les démocrates ne disposent dans aucune des deux chambres.
Au Texas aussi, le ton s’est adouci depuis la campagne. La gouverneure nouvellement élue, Gina Hinojosa, a déclaré aux médias que les centres de données resteraient les bienvenus, à condition d’être encadrés.
Gina Hinojosa assure ne pas être opposée aux centres de données eux-mêmes, mais à la manière dont leurs exploitants tirent profit du Texas. Selon elle, la suspension des constructions ne doit durer que le temps de mettre en place ces règles.
Par ailleurs, la valorisation du titre a nettement baissé. Nvidia se négocie désormais autour de 15 fois le bénéfice attendu par les analystes pour l’an prochain. Ce ratio cours/bénéfice indique combien un investisseur paie pour chaque dollar de bénéfice.
Avec un multiple de 15, Nvidia se paie moins cher que la moyenne des entreprises du S&P 500, qui se situe autour de 18,5. Ce ratio est au plus bas depuis au moins cinq ans, alors même que les analystes relèvent leurs prévisions de bénéfices.
Le retour des investisseurs à l’affût de bonnes affaires ne signifie pas pour autant que les craintes se sont dissipées. Le VIX, baromètre de la peur à Wall Street, a bondi de près de 70 % hier. Il recule de 11 % aujourd’hui, sans que le calme soit pour autant revenu.
Cet après-midi, le rapport sur l’emploi américain s’est en outre révélé nettement plus solide que prévu, rendant une hausse des taux le mois prochain presque certaine.
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