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Le prix du pétrole et du gaz a fortement chuté lundi matin après des signaux indiquant un rapprochement entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent a perdu plus de cinq pour cent de sa valeur, tandis que le prix du gaz en Europe a également fortement baissé. Toutefois, les experts en énergie avertissent que le monde pourrait être confronté à une crise plus importante, avec des pénuries menaçantes en Asie, en Europe et, plus tard, peut-être aussi aux États-Unis.

Cette baisse soudaine des prix fait suite aux déclarations de Donald Trump, qui a indiqué le week-end dernier que des progrès avaient été réalisés dans les négociations avec l’Iran. Les investisseurs espèrent ainsi une réouverture du détroit d’Hormuz, une voie cruciale pour le transport mondial de pétrole et de gaz.

Baisse marquée des prix du pétrole et du gaz dans l’espoir de paix

Le prix du pétrole américain a chuté de près de six pour cent lundi matin. Le Brent, référence internationale pour le pétrole du Moyen-Orient, a baissé de plus de cinq pour cent pour passer sous la barre des 100 dollars le baril. Le prix du gaz en Europe a également reculé d’environ six pour cent.

Le marché réagit principalement à l’attente que le détroit d’Hormuz soit bientôt à nouveau entièrement ouvert aux pétroliers. La voie maritime est en grande partie bloquée depuis des mois en raison du conflit entre l’Iran et les États-Unis, mettant sous forte pression le marché mondial de l’énergie.

Trump a toutefois tempéré quelque peu l’optimisme. Selon lui, il n’y a « pas d’urgence » à conclure un accord et celui-ci « n’est pas encore entièrement négocié ». Les médias iraniens rapportent entre-temps que Washington bloque encore des demandes importantes de Téhéran.

Malgré l’incertitude, quelques pétroliers et navires de LNG passent prudemment à nouveau par le détroit. Selon l’Iran, 33 navires commerciaux ont traversé le passage le week-end dernier en l’espace de 24 heures.

Jeff Currie met en garde contre des pénuries imminentes

Tandis que les marchés financiers réagissent avec soulagement aux possibles négociations, l’alerte retentit dans le secteur énergétique. Jeff Currie, ancien stratège en matières premières de Goldman Sachs et actuellement chez Carlyle, avertit que les réserves mondiales de pétrole deviennent dangereusement basses.

Selon Currie, l’Asie est déjà proche des « niveaux d’exploitation minimaux ». Il s’agit des stocks minimums nécessaires pour maintenir en fonctionnement les pipelines, les installations de stockage et les raffineries.

Il estime que l’Europe pourrait rencontrer le même problème dans les semaines à venir. Ensuite, les États-Unis risqueraient eux aussi de faire face à des pénuries en juillet.

Le monde redoute une nouvelle crise énergétique et alimentaire

Ces avertissements arrivent alors que l’Agence internationale de l’énergie parle déjà d’un possible « choc d’approvisionnement critique » durant les mois d’été. Surtout si les exportations du Moyen-Orient ne se rétablissent pas rapidement, les prix du pétrole et du gaz pourraient à nouveau exploser.

L’impact n’est pas ressenti que par les consommateurs. Dans les pays en développement, les craintes concernant les prix alimentaires augmentent. La Banque mondiale a averti le week-end dernier que la hausse des prix de l’énergie risque de rendre la nourriture inabordable pour des millions de personnes.

Pendant ce temps, les producteurs de pétrole américains tentent d’exploiter les prix élevés. Selon Baker Hughes, le nombre de plateformes pétrolières actives aux États-Unis a augmenté de dix la semaine dernière, soit la plus forte hausse hebdomadaire depuis février 2023.

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