Volvo Group étudie la manière dont la blockchain pourrait jouer un rôle plus important dans sa chaîne d’approvisionnement internationale. Le constructeur suédois a, pour cela, testé sa propre monnaie numérique dans un environnement blockchain fermé.
Il ne s’agit pas d’une nouvelle cryptomonnaie destinée au grand public, mais d’une expérimentation visant à traiter plus efficacement les transactions, les échanges de données et la traçabilité des pièces.
La blockchain pour accélérer les transactions entre fournisseurs
Dans un entretien avec Ivan Branco, responsable de la gestion de l’information, de l’IA et de l’analytique chez Volvo Group, publié par la Cardano Foundation, le constructeur automobile explique voir dans la blockchain une technologie capable de simplifier sensiblement les processus administratifs.
Selon Ivan Branco, Volvo a étudié la possibilité d’utiliser la blockchain comme un système de transaction partagé, permettant à l’entreprise, à ses fournisseurs de matières premières et à ses partenaires logistiques d’échanger en toute sécurité des données et des paiements.
Pour cet essai, Volvo a développé sa propre monnaie numérique, utilisée uniquement dans un environnement de test fermé. Cette monnaie n’avait aucune vocation publique et ne fonctionnait pas sur un réseau blockchain ouvert.
« Nous avons également mené des recherches avec certains prestataires de transport » afin de mettre en place un environnement blockchain fermé, a indiqué Ivan Branco.
L’objectif était d’accélérer le règlement des transactions entre entreprises et de réduire la charge administrative. Volvo n’a pas communiqué de détails techniques sur la blockchain utilisée, la monnaie numérique ni l’ampleur du test.
La blockchain pour rendre l’origine des pièces plus transparente
Au-delà des paiements, Volvo voit aussi des opportunités pour la blockchain dans le suivi des pièces au sein de sa chaîne d’approvisionnement mondiale.
Selon Ivan Branco, il est souvent difficile d’établir précisément l’origine de chaque composant. Un réseau blockchain partagé pourrait permettre à toutes les parties concernées de s’appuyer sur les mêmes données, tout en rendant ces informations très difficiles à modifier a posteriori.
Cet aspect peut s’avérer particulièrement important lorsque les entreprises doivent démontrer que des pièces ne proviennent pas de pays ou de régions soumis à des restrictions commerciales ou à des sanctions internationales.
Volvo estime par ailleurs que la blockchain pourrait jouer un rôle dans la mise en place des passeports numériques de produits au sein de l’Union européenne. Ces dossiers regroupent, tout au long du cycle de vie d’un produit, des informations sur les matériaux utilisés, les composants et les réparations. La blockchain pourrait contribuer à enregistrer ces données de manière fiable et vérifiable.
Volvo prolonge ses précédents projets blockchain
Cette expérimentation s’inscrit dans la continuité de précédentes initiatives de Volvo autour de la blockchain. En 2019, le groupe avait travaillé avec Circulor, spécialiste de la chaîne d’approvisionnement, afin de rendre traçable par blockchain l’origine du cobalt destiné aux batteries. L’objectif était de vérifier si les matières premières provenaient de zones de conflit ou étaient liées au travail des enfants.
Polestar, la marque sœur de Volvo, a ensuite utilisé une technologie blockchain comparable pour améliorer la traçabilité du cobalt.
Ce nouveau test va toutefois plus loin. Alors que les projets antérieurs portaient sur le suivi des matières premières, Volvo cherche désormais à déterminer si la blockchain peut aussi servir au traitement des transactions et au partage sécurisé de données d’entreprise au sein d’un même réseau fermé.
Pour l’heure, il s’agit uniquement d’un essai interne. Volvo n’a annoncé aucun projet visant à rendre cette monnaie numérique accessible au public ni à déployer le système à grande échelle. Selon Ivan Branco, plusieurs défis doivent d’abord être résolus, notamment l’intégration avec les systèmes informatiques existants, le passage à l’échelle et le niveau encore limité de connaissance de la blockchain dans de nombreuses organisations.
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