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Nvidia et AMD pourraient être sous pression lundi à Wall Street. Les États-Unis renforcent en effet à nouveau les règles d’exportation de puces AI avancées vers la Chine.

Il ne s’agit pas d’une interdiction totale d’exportation, mais d’une clarification des règles existantes. Toutefois, la mesure pourrait être importante, car Washington cherche à fermer une porte dérobée. Les entreprises chinoises pouvaient obtenir des puces AI avancées par le biais de filiales dans d’autres pays.

Selon certaines sources, des centaines de milliers de puces auraient récemment été acheminées vers des entreprises chinoises via de telles routes.

Les États-Unis ferment la porte dérobée via les filiales

La nouvelle directive du Bureau of Industry and Security se concentre sur le propriétaire final de l’acheteur. Cela signifie que non seulement le pays de livraison est pris en compte, mais aussi qui se cache derrière l’entreprise.

Si une entreprise est basée à Singapour ou en Malaisie, mais appartient finalement à une entité chinoise, un permis d’exportation américain pourrait être nécessaire.

C’est crucial pour les fabricants de puces comme Nvidia et AMD. Leurs processeurs AI avancés sont essentiels pour les centres de données, les modèles linguistiques et les applications militaires. Washington veut empêcher la Chine d’accéder par des voies détournées aux puces les plus puissantes.

Nvidia et AMD pourraient être affectés

Les dommages financiers directs semblent pour l’instant limités. Nvidia a indiqué plus tôt qu’elle n’a pas livré de puces Data Center Hopper à la Chine au premier trimestre de l’année fiscale 2027. Un an plus tôt, ces ventes représentaient encore 4,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

La Chine reste toutefois un sujet sensible pour les investisseurs. Chaque renforcement des règles d’exportation soulève la question des revenus futurs que Nvidia et AMD pourraient manquer.

Les dernières générations de puces, comme les Blackwell et Rubin de Nvidia, ainsi que les MI350x d’AMD, sont particulièrement concernées par ce contrôle plus strict. Ce sont précisément les produits sur lesquels les investisseurs fondent de grands espoirs.

Le rallye de l’IA mis à l’épreuve

Le moment de cette évolution est particulièrement intéressant. Nvidia et AMD bénéficient depuis des mois de l’énorme rallye de l’IA. Les investisseurs paient des valorisations élevées, comptant sur une croissance continue dans les centres de données, l’entraînement et l’inférence de l’IA.

Mais les règles d’exportation montrent que le secteur dépend non seulement de la technologie et de la demande, mais aussi de la géopolitique. Le conflit entre les États-Unis et la Chine reste un risque structurel pour l’industrie des puces.

Si les investisseurs craignent un renforcement supplémentaire des règles, cela pourrait temporairement peser sur les actions de l’IA. Non pas parce que la demande disparaît, mais parce qu’une partie du marché mondial devient plus difficilement accessible.

Le chiffre d’affaires peut se déplacer

Il y a aussi un autre aspect. Les puces interdites aux entreprises chinoises pourraient éventuellement être vendues à des clients américains ou alliés. La demande de capacité AI reste toujours énorme dans le monde.

C’est pourquoi la mesure ne doit pas nécessairement signifier un coup dur pour le chiffre d’affaires. Nvidia continue de réaliser des chiffres d’affaires records grâce à la demande de Blackwell en dehors de la Chine.

Mais pour les investisseurs, il s’agit surtout de l’écart entre des attentes extrêmement élevées et d’éventuelles déceptions. Avec des actions qui ont déjà beaucoup augmenté, même une incertitude limitée peut suffire pour des prises de bénéfices.

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