L’ancienne secrétaire américaine au Trésor et ex-présidente de la Fed, Janet Yellen, a vivement critiqué le président Donald Trump. Selon elle, la manière dont Trump insiste pour obtenir des taux d’intérêt plus bas ressemble de plus en plus à un comportement qu’on attendrait d’une république bananière, plutôt que d’un pays développé avec une banque centrale indépendante.
Yellen alerte sur l’indépendance de la Fed
Au cœur de sa critique, Yellen affirme que Trump ne souhaite pas réduire les taux d’intérêt pour assainir l’économie, mais principalement pour alléger les charges d’intérêt de la dette américaine. C’est précisément cela qui l’inquiète.
Son raisonnement est simple :
- une banque centrale doit fixer les taux d’intérêt en fonction de l’inflation et de l’économie ;
- et non en fonction des besoins de financement de l’État ;
- une fois que les politiciens cherchent à influencer les taux pour des objectifs budgétaires, l’indépendance est menacée ;
- et cela pourrait, selon elle, entraîner à terme de graves problèmes monétaires.
Yellen estime que c’est exactement ce type de raisonnement qui, dans les pays plus faibles, conduit souvent à des dérives comme l’hyperinflation.
Trump veut des taux beaucoup plus bas
Trump critique la Fed depuis longtemps pour ne pas abaisser les taux suffisamment rapidement. Le taux cible actuel de la banque centrale se situe entre 3,5 et 3,75 %, tandis que Trump aimerait voir ce taux descendre vers 1 %.
Il lie cela ouvertement aux coûts de la dette publique américaine. Selon Yellen, il explicite ce que les présidents des pays développés évitent habituellement d’affirmer aussi directement.
Critiques également envers Kevin Warsh
Yellen ne critique pas seulement Trump, mais aussi son candidat à la présidence de la Fed, Kevin Warsh. Elle doute qu’il ait suffisamment de crédibilité au sein de la banque centrale pour convaincre ses collègues d’une orientation vers des taux plus bas.
En particulier, l’argument selon lequel la croissance de la productivité par l’IA permettrait rapidement de réduire les taux d’intérêt ne convainc pas Yellen pour l’instant. Selon elle, les preuves sont encore trop floues, d’autant plus que l’inflation repart à la hausse en raison de la flambée des prix de l’énergie causée par la guerre avec l’Iran.
Il est notable que, malgré ses inquiétudes concernant l’inflation et la pression politique, Yellen n’exclut pas que la Fed abaisse encore une fois les taux d’ici la fin de l’année. Selon elle, cela reste un scénario de base plausible.
Mais cela est bien différent de la voie agressive que Trump préconise.
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