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Donald Trump accentue la pression sur Kevin Warsh. Avant même que le nouveau président de la Réserve fédérale ne dirige sa première réunion sur les taux d’intérêt, le président américain réclame déjà une baisse des taux.

Cette situation survient à un moment sensible. Vendredi, le marché de l’emploi aux États-Unis s’est révélé bien plus robuste que prévu, ce qui pousse les investisseurs à anticiper une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

Trump réclame une baisse des taux

Dans une interview accordée à NBC, Trump a déclaré qu’il n’y a « aucune raison » d’augmenter les taux. En fait, il estime qu’ils devraient être réduits.

Selon Trump, l’économie américaine est pénalisée dès qu’elle fonctionne bien. Il pense que des taux plus élevés freinent le succès alors que des taux bas stimulent la croissance.

C’est politiquement séduisant, mais économiquement complexe. La Réserve fédérale ne se concentre pas uniquement sur la croissance, mais surtout sur l’inflation et l’emploi. Or, justement sur ce plan, la situation s’est détériorée ces dernières semaines.

Le marché de l’emploi change la donne

Le rapport sur l’emploi de vendredi a surpris le marché. En mai, l’économie américaine a créé 172 000 emplois, bien plus que prévu.

Ce chiffre suggère que le marché du travail ne se refroidit pas assez vite pour que la pression inflationniste disparaisse d’elle-même. Cela a renforcé les attentes d’une hausse des taux par la Fed plus tard cette année.

C’est un début difficile pour Warsh. Choisi par Trump, il a déjà laissé entendre qu’il est favorable à des taux plus bas. Mais les données indiquent maintenant le contraire.

L’inflation reste le problème majeur

Le conflit au Moyen-Orient a de nouveau enflammé l’inflation. En particulier, la hausse des prix de l’énergie impacte l’économie américaine.

En avril, l’inflation est montée à 3,8 %, son plus haut niveau en trois ans. En mai, les économistes anticipent une nouvelle hausse à environ 4,2 %.

C’est bien trop élevé pour une banque centrale dont l’objectif officiel est de 2 % d’inflation. Tant que l’inflation monte et que le marché du travail reste solide, il sera difficile de justifier des baisses de taux.

Les responsables de la Fed deviennent plus stricts

Au sein de la Fed, le soutien à un durcissement se renforce. La présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, a déclaré vendredi qu’il pourrait bientôt être « approprié » d’intervenir si les tendances actuelles se poursuivent.

Selon elle, le marché du travail est à peu près équilibré, tandis que l’inflation élevée constitue le problème principal.

C’est précisément pour cette raison que les marchés s’inquiètent. Si la Fed juge l’économie suffisamment robuste pour supporter des taux plus élevés, Warsh pourrait être contraint de tenir un discours plus ferme malgré la pression politique.

La première réunion sera cruciale

Warsh dirigera sa première réunion sur les taux les 16 et 17 juin. Il est prévu que la Fed maintienne alors les taux entre 3,50 et 3,75 %.

Mais la décision sur les taux pourrait être moins importante que le ton adopté. Les investisseurs se concentreront sur le dot plot et la conférence de presse. Si plus de responsables de la Fed s’orientent vers des hausses, cela pourrait peser sur les actions, les obligations et les investissements à risque.

Les actions de croissance et celles liées à l’IA sont particulièrement vulnérables, car elles dépendent fortement de taux bas et de fortes attentes de bénéfices futurs.

La pression politique complique la situation

Trump affirme qu’il souhaite que Warsh prenne ses propres décisions, mais le message est clair. Il veut des taux plus bas et pas une banque centrale freinant l’économie.

Cela place Warsh dans une position délicate. S’il suit trop rapidement Trump, le marché pourrait douter de l’indépendance de la Fed. S’il suit au contraire les données d’inflation et adopte un ton plus strict, il risque des affrontements politiques avec le président, comme ce fut le cas pour son prédécesseur.

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