Masayoshi Son a de nouveau repris entièrement la main sur SoftBank, selon le Financial Times. Le milliardaire japonais, fondateur du conglomérat technologique, voit dans l’intelligence artificielle la plus grande opportunité de sa vie et veut faire de SoftBank le cœur de la révolution mondiale de l’IA.
Sa vision repose sur quatre piliers : les centres de données, les modèles d’IA, les puces et les robots. Pour Son, ce sont les briques essentielles de la superintelligence artificielle. Ces derniers mois, les investisseurs ont adhéré à ce récit.
Le 1er juin, SoftBank a dépassé Toyota pour devenir l’entreprise la plus valorisée du Japon. Pour la première fois depuis la bulle Internet, SoftBank retrouvait la première place.

SoftBank tourne autour de Son
SoftBank a toujours été étroitement liée à la personnalité de Son. Il a bâti des fortunes grâce à des investissements précoces dans Yahoo, Alibaba et Arm. Mais il a aussi perdu des milliards avec WeWork, Greensill et d’autres paris ratés.
Son principal pari porte désormais sur l’IA. SoftBank a promis des milliards à OpenAI et détient toujours la majeure partie du concepteur de puces Arm. Le groupe veut aussi investir dans les centres de données, l’approvisionnement énergétique et la robotique.
Son ne cherche donc pas à constituer un simple portefeuille d’entreprises technologiques, mais un écosystème d’IA intégré. Dans sa vision de l’avenir, des centrales fournissent l’électricité aux centres de données, ces centres fonctionnent avec des puces Arm, et ils sont construits puis exploités par des robots et des modèles d’IA.
Les investisseurs restent sceptiques
Le marché n’accorde toutefois pas encore une confiance totale à Son. SoftBank se négocie avec une forte décote par rapport à la valeur de ses actifs. À lui seul, l’investissement dans Arm vaut désormais davantage que la capitalisation boursière de SoftBank.
Les investisseurs s’inquiètent de la complexité du financement de SoftBank, de son endettement, de sa dépendance aux introductions en Bourse et de son exposition massive à l’IA. L’investissement de plusieurs milliards dans OpenAI est particulièrement scruté.
Si OpenAI réussit son entrée en Bourse, la réputation de Son pourrait en sortir restaurée. Mais si l’opération déçoit ou est reportée, SoftBank pourrait être durement touché.
Trop de pouvoir entre les mains d’un seul homme ?
La gouvernance constitue un autre risque. Son possède environ un tiers de SoftBank et a progressivement concentré davantage de contrôle entre ses mains. De nombreux anciens dirigeants de premier plan et successeurs potentiels sont partis.
Pour ses partisans, c’est précisément la raison d’investir dans SoftBank. Ils veulent s’exposer à la vision de Son et à ses paris de long terme. Les critiques y voient autre chose : une entreprise de plus en plus dépendante d’un seul homme, d’un seul récit et d’une seule mégatendance.
Le PDG de Tether alerte : la bulle de l’IA repose sur des bases « très fragiles »
Paolo Ardoino, PDG de Tether, estime que le rally de l’IA repose sur des bases instables, entre investissements massifs et modèle économique encore incertain.
Ce que les investisseurs attendent cette semaine sur les marchés
Cette semaine, les marchés financiers semblent n’avoir qu’un seul sujet en tête. Voici ce qu’il faut savoir.
L’IA inquiète les banques centrales : vers un coupe-circuit en Bourse ?
De la BCE à la Banque d’Angleterre, les responsables monétaires redoutent que l’IA ne provoque le prochain krach financier et plaident pour un mécanisme d’arrêt d’urgence.
Le plus lu
L’erreur qui coûte le plus cher aux investisseurs — et comment l’éviter
Un prix Nobel l’a montré avec une simple tasse à café : le fait de posséder un bien peut en doubler la valeur perçue. Ce même biais pousse les investisseurs à conserver des positions sans avenir.
Le plus grand transfert de patrimoine de l’histoire : 60 000 milliards de dollars pour les jeunes investisseurs
Wall Street s’inquiète de l’arrivée d’une nouvelle génération qui disposera bientôt de dizaines de milliers de milliards de dollars. Voici ce qu’il faut savoir.
Le dirigeant d’OKX : 8 bourses crypto sur 10 quitteront l’Europe après le 1er juillet
Le responsable d’OKX, Erald Ghoos, affirme que 60 % des utilisateurs européens de crypto utilisent une plateforme sans licence MiCA. Vérifiez à temps.