Les Émirats arabes unis franchissent une nouvelle étape vers la monnaie numérique. RAKBank a obtenu une approbation de principe de la Banque centrale des EAU (CBUAE) pour émettre une monnaie numérique adossée à la valeur du dirham. Cette stablecoin vise à moderniser et à rendre plus efficaces les paiements, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Cette annonce s’inscrit dans un mouvement plus large aux EAU, où banques, régulateurs et entreprises technologiques s’associent pour créer un système financier numérique réglementé.
Que signifie l’approbation de la banque centrale ?
L’approbation de principe signifie que la banque centrale a donné son accord initial au projet de RAKBank. Toutefois, la banque ne pourra émettre la stablecoin qu’après avoir satisfait à des exigences légales et opérationnelles supplémentaires. RAKBank est déjà sous la supervision de la CBUAE et dispose des licences bancaires requises.
Ce n’est qu’après une évaluation définitive que le dirham numérique pourra être lancé.
Comment fonctionne la stablecoin en dirhams de RAKBank ?
La stablecoin sera entièrement soutenue par de véritables dirhams. Pour chaque unité numérique en circulation, un dirham sera conservé sur un compte bancaire séparé et réglementé. Cela doit garantir la stabilité de sa valeur.
Le système sera géré via des contrats intelligents, programmes numériques qui exécutent automatiquement les transactions et contrôles. Des rapports en temps réel seront également utilisés pour fournir des informations sur les réserves soutenant la monnaie numérique.
Les actifs numériques comme priorité pour RAKBank
Le lancement de sa propre stablecoin s’inscrit dans la stratégie numérique plus large de RAKBank. Dès 2025, la banque avait annoncé que les clients particuliers auraient accès au commerce de cryptomonnaies via un partenaire réglementé.
Selon le PDG Raheel Ahmed, l’approbation de la banque centrale souligne l’engagement de RAKBank envers une innovation sûre et réglementée dans le secteur financier.
Les EAU renforcent la réglementation des monnaies numériques
Ces dernières années, les EAU ont mis en place un cadre réglementaire complet pour les actifs numériques. Outre la banque centrale, les régulateurs d’Abou Dhabi et de Dubaï jouent un rôle clé dans la régulation des stablecoins, des entreprises de cryptomonnaies et des produits financiers numériques.
Dans ce cadre, les jetons adossés au dirham sont perçus comme un moyen de moderniser les paiements, de stimuler l’économie numérique et de rendre les flux monétaires internationaux plus efficaces. Cela est particulièrement pertinent dans un pays où de nombreux travailleurs envoient de l’argent à l’étranger.
La concurrence s’intensifie sur le marché des stablecoins
RAKBank n’est pas la seule à se lancer dans un dirham numérique. La société de télécommunications e& teste actuellement l’AE Coin, une stablecoin utilisée pour le paiement des factures. Des acteurs internationaux tels que Circle et Ripple ont également obtenu l’autorisation d’offrir leurs monnaies numériques à Abou Dhabi pour un usage institutionnel.
Le marché des stablecoins aux EAU se développe rapidement et attire de plus en plus d’entreprises traditionnelles.
Ras Al Khaimah se positionne comme un centre pour le Web3
L’émirat de Ras Al Khaimah, où RAKBank est basé, souhaite se profiler comme un hub pour le Web3 et l’économie numérique. Via RAK DAO, des startups sont soutenues avec un cadre juridique pour les organisations numériques.
Un programme d’accélérateur a également été lancé avec un fonds de 2 millions de dollars, destiné aux startups dans des secteurs tels que la blockchain, l’intelligence artificielle et le jeu vidéo.
Des questions subsistent sur la technologie et l’utilisation
Malgré les avancées positives, des questions restent en suspens. On ignore encore quelle technologie blockchain RAKBank utilisera et comment la stablecoin s’intégrera aux systèmes de paiement internationaux existants. La collaboration pratique entre les règles fédérales et les zones franches doit également être éprouvée.
L’acceptation, clé du succès
Le succès du dirham numérique dépendra en fin de compte de son adoption par les entreprises et les consommateurs. Les régulateurs et les banques se préparent à un avenir numérique, mais sans applications claires et avantages tangibles, une adoption large pourrait ne pas voir le jour.
Les prochaines années détermineront si les stablecoins en dirhams s’intègrent durablement dans les transactions quotidiennes aux EAU.
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