Le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz reprend prudemment et atteint son plus haut niveau depuis les premiers jours du conflit. Ce week-end, des dizaines de navires ont traversé le détroit, principalement en direction de la mer d’Arabie.
De plus en plus de pays concluent des accords avec Téhéran pour permettre le passage. Cela renforce paradoxalement le contrôle de l’Iran sur cette voie navigable stratégique, car le passage dépend de plus en plus de l’autorisation et des conditions imposées par Téhéran.
De plus en plus de pays reprennent le passage
Dimanche, un pétrolier transportant du brut irakien a traversé le détroit, après qu’Iran ait annoncé exempter l’Irak des restrictions. L’Inde, ayant conclu son propre accord de passage, a vu huit méthaniers traverser et a repris pour la première fois depuis des années l’importation de gaz de pétrole liquéfié iranien.
D’autres pays semblent également revenir prudemment. Deux porte-conteneurs chinois ont réussi la traversée la semaine dernière lors d’une deuxième tentative. Deux navires japonais ont également passé le détroit, tout comme des navires turcs, grecs et thaïlandais.
Toujours bien en deçà du niveau normal
Malgré l’augmentation, le trafic maritime reste bien en deçà du niveau d’avant-guerre. À l’époque, environ 135 navires passaient quotidiennement par le détroit. Les 21 traversées du week-end entier montrent à quel point la différence est encore grande.
De plus, chaque passage reste soumis aux décisions iraniennes. Téhéran détermine quels navires sont admis, par quelles routes ils naviguent et sous quelles conditions. De nombreux navires optent pour un itinéraire près des côtes iraniennes, tandis qu’un nombre croissant choisit une route alternative le long d’Oman.
Oman a confirmé dimanche être en discussions pour faciliter le transit. Néanmoins, le contrôle reste pour l’instant fermement entre les mains de l’Iran.
Le système de péage iranien
L’Iran prépare une nouvelle législation pour officialiser son contrôle sur le détroit d’Hormuz et l’imposition de péages. Depuis des semaines, les compagnies maritimes paient pour traverser, mais ce système reste en grande partie informel et peu transparent. Les nouvelles règles visent à fournir une base juridique claire.
Selon l’Iran, le détroit ne sera complètement rouvert que lorsque les recettes de ces péages compenseront suffisamment les dommages de guerre. Cela signifie que même en cas de cessez-le-feu, le passage ne reviendra pas automatiquement à son ancien niveau.
Prudemment positif
L’augmentation du trafic maritime est un signe prudemment positif pour les marchés énergétiques. Cependant, la situation demeure extrêmement fragile. Toute nouvelle escalade pourrait interrompre immédiatement le passage.
Comme le souligne l’analyste Muyu Xu de Kpler, l’Iran répond certes aux demandes des partenaires, mais renforce en même temps son contrôle sur le détroit d’Hormuz. Le passage reste tributaire de l’autorisation iranienne et peut changer à tout moment.
Avec l’expiration mardi soir de l’ultimatum de Trump et ses menaces d’attaquer les infrastructures iraniennes, le rétablissement du trafic maritime est suspendu à un fil.
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