La Commission européenne présentera le 22 avril un plan pour réduire les taxes énergétiques et les coûts des réseaux. Cette mesure vise à soulager entreprises et consommateurs face à la forte hausse des prix du pétrole et du gaz due au conflit avec l’Iran.
C’est la première réponse coordonnée de l’Europe à une crise énergétique de plus en plus profonde. Certains pays n’ont pas attendu : l’Allemagne a décidé la nuit dernière de réduire les taxes sur le carburant de 17 centimes par litre.
Prix du gaz : 48 % de plus qu’avant le conflit
L’urgence est réelle. Le prix du gaz en Europe a grimpé de 8,5 % lundi après l’annonce par Trump d’un blocus maritime dans le détroit d’Ormuz. Comparé au niveau d’avant le conflit, le prix du gaz est désormais 48 % plus élevé. Le prix du Brent a augmenté de 41 % depuis le début de la guerre.
L’Europe dépend peu du pétrole et du gaz du Moyen-Orient, mais sa forte dépendance aux importations fossiles la rend vulnérable aux chocs de prix mondiaux. La fermeture effective d’Ormuz renforce les inquiétudes quant à la persistance de prix énergétiques élevés.
22 pays ont déjà pris 120 mesures d’urgence
La Commission est à la traîne. Depuis le début de la guerre, 22 États membres de l’UE ont pris plus de 120 mesures non coordonnées, pour un total de plus de 9 milliards d’euros, afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie. À cela s’ajoutent 13 milliards d’euros de coûts supplémentaires dus aux importations fossiles plus chères.
L’Allemagne a décidé la nuit dernière de réduire les taxes sur l’essence et le diesel de 17 centimes par litre. La coalition CDU-SPD a délibéré jusqu’à l’aube sur le plan. Cette mesure permet d’économiser 1,6 milliard d’euros pour les ménages et les entreprises. En Allemagne, le litre d’essence coûte désormais un peu plus de 2 euros. La Suède, la Grèce, l’Espagne et l’Italie ont précédemment pris des mesures similaires.
Les Pays-Bas maintiennent pour l’instant le statu quo. Le gouvernement ne souhaite pas réduire les taxes, malgré une augmentation de près de 30 centimes par litre depuis le début de la guerre. Le litre de diesel coûte désormais environ 2,55 euros. La réduction des taxes en Allemagne pourrait toutefois encourager le tourisme de carburant depuis les Pays-Bas, notamment pour les habitants proches de la frontière.
Le manque de coordination pose problème. Chaque pays agit différemment, en fonction de sa situation politique et économique. La Commission souhaite harmoniser ces mesures avec le nouveau plan.
Réduction des taxes sur l’électricité, hausse sur le fossile
Le plan se concentre sur deux axes principaux. Premièrement, la réduction des taxes sur l’électricité et la suppression de certaines charges. L’électricité doit bénéficier d’un traitement fiscal plus avantageux que les combustibles fossiles. Deuxièmement, l’amélioration de l’infrastructure des réseaux et la réduction des coûts d’utilisation du réseau électrique.
La Commission formulera également des recommandations pour économiser l’énergie et soutenir les technologies propres, en s’appuyant sur le plan de 2022 lors de la crise du gaz russe en Europe.
Pas de plafonnement des prix, pas d’économie obligatoire
Le plan a des limites claires. Un plafonnement des prix du gaz comme en 2022 n’est pas envisagé. Pas de réduction obligatoire non plus. La présidente Von der Leyen a souligné le mois dernier que toutes les mesures doivent être temporaires et ciblées.
Il existe des divergences sur une taxe européenne sur les bénéfices des entreprises énergétiques. Allemagne, Italie, Espagne, Autriche et Portugal ont insisté la semaine dernière pour taxer les bénéfices supplémentaires dus à la guerre. La Commission pourrait publier des lignes directrices, sans proposer d’obligation européenne.
Veille du sommet de l’UE
Le plan sera dévoilé la veille d’une réunion informelle des dirigeants de l’UE. Ils avaient déjà demandé cette année des mesures concrètes pour alléger les charges énergétiques de l’industrie. La compétitivité de l’Europe face à la Chine et aux États-Unis est de plus en plus sous pression en raison des coûts énergétiques élevés.
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