La France mise sur une réglementation plus stricte pour les cryptomonnaies. Tant la banque centrale que les responsables politiques à Paris plaident pour un contrôle accru des stablecoins et des crypto-monnaies conservées en dehors des plateformes de trading. Cela intensifie la pression sur le secteur, alors que l’Europe travaille à un cadre plus large pour la supervision des actifs numériques.
Inquiétudes sur la domination du dollar chez les stablecoins
Denis Beau, sous-gouverneur de la Banque de France, met en garde surtout contre les stablecoins adossés à d’autres devises que l’euro. Les stablecoins sont des monnaies numériques dont la valeur est liée par exemple au dollar américain.
Selon Beau, ce sont précisément ces stablecoins indexés sur le dollar qui présentent un risque, car ils représentent actuellement environ 98 % du marché. Cela pourrait avoir des répercussions sur la stabilité financière en Europe et mettre sous pression la position de l’euro.
La banque centrale française plaide donc pour des règles plus strictes dans le cadre de la législation européenne sur les cryptomonnaies, connue sous le nom de MiCA (Markets in Crypto-Assets). Bien que cette réglementation soit déjà en vigueur, Beau estime que les règles actuelles ne vont pas assez loin, notamment si les fournisseurs étrangers continuent de jouer un rôle dominant.
La France voit par ailleurs des opportunités dans de nouveaux développements tels que la tokenisation, où les actifs financiers sont échangés numériquement via la technologie blockchain. Selon Beau, la réglementation doit suivre le rythme de ces innovations.
Proposition d’obligation de déclaration pour les portefeuilles privés
Des mesures sont également prises au niveau politique. L’Assemblée nationale française a approuvé le 7 avril une proposition obligeant les utilisateurs à déclarer leurs portefeuilles de cryptomonnaies auto-gérés auprès de l’administration fiscale.
La mesure s’applique aux portefeuilles d’une valeur supérieure à 5 000 euros. Les utilisateurs devraient les déclarer annuellement. La proposition fait partie d’une loi plus large contre la fraude, mais n’a pas encore été définitivement adoptée.
Il y a des divergences au sein de la politique et du gouvernement français concernant ce plan. Les critiques portent notamment sur l’applicabilité et les éventuels risques pour la confidentialité et la sécurité des données.
Débat européen sur l’efficacité de MiCA
Les développements en France s’inscrivent dans un débat européen plus large sur l’efficacité des règles cryptographiques. Fabio Panetta, gouverneur de la banque centrale italienne, a récemment déclaré que MiCA aura probablement un impact limité sur l’adoption des stablecoins régulés.
Selon Panetta, un euro numérique pourrait être un outil important pour réduire la dépendance aux cryptomonnaies étrangères et renforcer la position européenne.
Paris Blockchain Week, un moment clé
Le ton renforcé depuis la France survient juste avant la Paris Blockchain Week, qui se tiendra les 15 et 16 avril au Carrousel du Louvre. Cet événement réunit des acteurs clés du secteur crypto et des décideurs politiques.
Il est également attendu que le président français Emmanuel Macron prononce un discours. Ses déclarations pourraient influencer la politique future en matière de cryptomonnaies en France et potentiellement dans le reste de l’Europe.
Avec les mesures proposées, la France démontre qu’elle souhaite avoir plus de contrôle sur le secteur des cryptomonnaies. En même temps, le défi reste de stimuler l’innovation sans perdre de vue les risques.
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