Deutsche Bank s’est publiquement distanciée d’un rapport d’analyse interne suggérant que les investisseurs européens pourraient vendre leurs obligations d’État américaines et d’autres actifs.
Selon le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, le PDG Christian Sewing a personnellement appelé pour se distancier de cette analyse.
Deutsche Bank prend ses distances avec le rapport
L’analyse a été réalisée par George Saravelos, responsable de la recherche sur les devises chez Deutsche Bank. Dans une note, il a suggéré que les pays européens pourraient être moins enclins à détenir des actifs américains, notamment en raison de tensions géopolitiques telles que les récentes déclarations de Donald Trump sur l’Europe et le Groenland.
Saravelos a indiqué que cela pourrait entraîner une réorganisation des avoirs en dollars, ce qui limiterait les dommages pour l’euro. Il a notamment souligné que des fonds de pension danois réduisent leur exposition au dollar.
Selon Bessent, Christian Sewing a fait savoir par téléphone que Deutsche Bank ne soutenait pas le rapport de Saravelos. « L’idée que les Européens vendent des actifs américains vient d’un seul analyste. Le PDG a appelé pour préciser que cela ne reflète pas la position de la banque, » a déclaré Bessent lors du Forum économique mondial à Davos.
Un porte-parole de la banque n’a pas voulu confirmer l’appel, mais a souligné que l’équipe de recherche fonctionne de manière indépendante et que les analyses individuelles ne reflètent pas nécessairement la vision de la direction.
Le marché chute après la publication
Les marchés financiers ont réagi vivement. Les actions américaines ont chuté de plus de deux pour cent, le dollar a perdu du terrain face aux principales devises et le taux des obligations d’État à trente ans a grimpé à près de cinq pour cent.
L’Europe est le plus grand détenteur d’actifs américains au monde, avec plus de huit mille milliards de dollars en obligations et actions. Selon Saravelos, les récents développements géopolitiques pourraient inciter à réduire ces positions.
Le gestionnaire de pension danois AkademikerPension a annoncé mardi qu’il vendrait complètement ses obligations d’État américaines d’ici la fin du mois. Le fonds gère environ 25 milliards de dollars et juge la politique américaine trop risquée pour continuer à investir dans les Treasuries.
Les analystes, souvent source de tensions diplomatiques
Ce n’est pas la première fois qu’un rapport d’analyste provoque des désagréments politiques. En 2021, le PDG Sewing avait déjà présenté ses excuses pour un rapport critique précédent qui avait suscité l’inquiétude du ministère allemand des Finances. UBS et Santander ont également dû s’excuser publiquement après des déclarations controversées d’économistes.
Saravelos est connu pour ses analyses audacieuses. Il avait par exemple prédit une baisse du dollar, averti des pressions politiques sur la banque centrale américaine et qualifié la politique budgétaire américaine d’insoutenable.
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