Le Comité européen du risque systémique (ESRB) appelle à une interdiction des stablecoins dits « multi-émission ». Par cette recommandation, il veut inciter les régulateurs européens à réduire la dépendance aux devises numériques étrangères et à protéger la souveraineté monétaire de l’UE.
Les inquiétudes européennes sur l’influence étrangère s’accentuent
La recommandation de l’ESRB vise des émetteurs de stablecoins comme Circle (USDC) et Paxos (USDP), qui émettent leurs tokens dans plusieurs juridictions. Ils le font alors même que leurs réserves ne se trouvent que dans un seul État membre de l’UE. Selon un article de Bloomberg, cette initiative souligne l’inquiétude croissante à l’égard d’un contrôle étranger au sein du système financier européen.
Bien que l’avis de l’ESRB ne soit pas juridiquement contraignant, il pèse lourd. Le conseil, présidé par la présidente de la BCE Christine Lagarde, rassemble des gouverneurs de banques centrales et de hauts responsables de l’UE. Leurs recommandations mettent les superviseurs nationaux sous pression pour agir.
Depuis longtemps, Lagarde est une critique déclarée des stablecoins. Elle s’oppose surtout aux stablecoins adossés à des réserves en dollars américains. Selon elle, de tels actifs « comportent des risques juridiques, opérationnels, de liquidité et de stabilité financière importants au niveau de l’UE ». Elle inscrit ainsi clairement le débat dans le cadre de l’indépendance monétaire européenne.
Tensions entre intérêts européens et américains
Une présentation interne de la BCE d’avril a montré que les réserves de stablecoins sont souvent libellées en dollars hors de la zone euro. Selon la banque centrale, cela pourrait saper les objectifs européens de l’Union de l’épargne et de l’investissement et affaiblir le contrôle des flux de capitaux.
Les partisans de l’ESRB citent la GENIUS Act, adoptée récemment aux États-Unis. Cette loi oblige au contraire les émetteurs à détenir des actifs adossés au dollar, tels que des comptes à vue et des bons du Trésor américain à court terme. Cette évolution est perçue en Europe comme un argument en faveur d’une limitation du modèle « multi-émission ».
Une interdiction toucherait surtout des émetteurs américains de stablecoins comme Circle et Paxos, qui disposent tous deux de licences dans l’UE mais conservent l’essentiel de leurs réserves aux États‑Unis. Si les parties prenantes n’ont pas encore réagi, des sources soulignent que la position de la BCE heurte la politique antérieure de la Commission européenne, qui voulait justement laisser de la place à ce type de stablecoins.
Les États-Unis bloquent des millions de comptes lors d’une opération internationale contre les escroqueries cryptographiques
La fraude d’investissement en cryptomonnaies serait désormais l’une des formes de criminalité financière à la croissance la plus rapide aux États-Unis.
L’UE ferme ses portes aux plateformes crypto sans licence dès le 1er juillet
Le 1er juillet marque la fin de la période de transition de la réglementation crypto de l’UE. Les plateformes sans licence ne pourront alors plus servir de clients européens.
Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions aux plateformes cryptos iraniennes
Les États-Unis sanctionnent quatre plateformes crypto iraniennes et accentuent la pression sur l’Iran à travers Economic Fury.
Le plus lu
La Turquie se défait de presque tous ses bons du Trésor américains en mars
En mars, la Turquie a vendu presque tous ses bons du Trésor américains pour soutenir la livre lors de la guerre en Iran. Le montant tombe à 1,8 milliard.
CNBC désigne Ripple comme l’un des plus grands innovateurs mondiaux de 2026
Ripple figure dans le CNBC Disruptor 50 de 2026, confirmant ainsi son rôle croissant dans le secteur des cryptomonnaies.
Les États-Unis envisagent un billet de 250 dollars à l’effigie de Trump
Trump souhaite introduire un nouveau billet de 250 dollars à son effigie, mais la législation américaine complique pour l’instant sa mise en circulation.