Les pirates à l’origine de la vaste attaque contre Binance auraient pu avoir accès aux systèmes de la plateforme d’échange de cryptomonnaies pendant huit semaines avant de passer à l’action. C’est ce que révèle une nouvelle enquête de l’organisation de cybersécurité Security Alliance (SEAL).

L’attaque du 29 octobre a entraîné le vol d’environ 6,3 milliards de dollars en cryptomonnaies. Ces nouveaux éléments soulèvent des questions sur la durée pendant laquelle les assaillants ont pu agir sans être détectés.

Les pirates auraient infiltré Binance dès septembre

Selon SEAL, le groupe de pirates nord-coréen TraderTraitor aurait accédé aux systèmes de Binance en septembre.

Les assaillants auraient ensuite passé plusieurs semaines à recueillir des informations et à étendre leurs accès. Ce n’est que le 29 octobre qu’ils auraient procédé au vol.

Cette durée de huit semaines reste une estimation de SEAL. Binance n’a pas encore confirmé que les pirates avaient effectivement conservé leurs accès aussi longtemps.

La plateforme avait toutefois déjà expliqué comment les assaillants avaient pu s’introduire dans ses systèmes. Lors d’un faux entretien d’embauche, un salarié a été incité à télécharger un logiciel malveillant, ouvrant ainsi aux pirates l’accès aux systèmes internes.

Binance avait déjà détecté une autre attaque en juin. Un autre salarié avait alors installé, à son insu, un logiciel infecté.

L’entreprise a remplacé l’appareil compromis et révoqué les identifiants d’accès concernés. Mais, selon Binance, les assaillants avaient déjà recueilli des informations sur les salariés et les systèmes de gestion des portefeuilles de cryptomonnaies.

Ces informations ont pu servir par la suite à préparer le vol de plusieurs milliards de dollars.

Les pirates nord-coréens recourent à de fausses offres d’emploi

Selon SEAL, TraderTraitor utilise depuis longtemps de fausses offres d’emploi pour cibler les salariés d’entreprises du secteur des cryptomonnaies.

L’organisation de cybersécurité a identifié au moins quatre entreprises fictives utilisées en 2026 pour mener ce type d’attaques.

Les pirates se faisaient passer pour des recruteurs et approchaient les salariés avec des offres d’emploi attractives. Au cours du processus de recrutement, ils tentaient d’amener leurs victimes à ouvrir des fichiers infectés.

Une fois dans les systèmes, les assaillants pouvaient tenter d’accéder à des ressources de plus en plus sensibles de l’entreprise.

Selon SEAL, l’attaque contre Binance s’inscrit dans un schéma plus large. Lors du piratage de la plateforme d’échange Bitget, qui a entraîné le vol d’environ 388 millions de dollars, les assaillants auraient disposé d’un accès pendant six semaines avant de passer à l’action.

Dans le cas des attaques contre LayerZero et AFX également, les pirates se seraient introduits dans les systèmes plusieurs semaines auparavant.

Le FBI met en cause la Corée du Nord

Le FBI a attribué le piratage de Binance à TraderTraitor, un groupe de pirates qui, selon la police fédérale américaine, entretient des liens avec la Corée du Nord. Pyongyang nie toute implication.

Binance a depuis pris plusieurs mesures de sécurité. L’entreprise a reconstruit les systèmes compromis, remplacé les identifiants d’accès et mis en place des contrôles supplémentaires.

La plateforme poursuit également ses investigations avec des experts externes en cybersécurité. Selon Binance, les clients ne devraient pas avoir à supporter les pertes financières.

SEAL souligne que cette attaque met en lumière un problème majeur : empêcher les intrusions ne suffit pas. Les entreprises du secteur des cryptomonnaies doivent aussi être capables de détecter les activités suspectes lorsque les assaillants ont déjà accédé à leurs systèmes.

Chez Binance, les pirates auraient ainsi pu disposer de près de deux mois pour préparer leur attaque, selon cette nouvelle estimation.

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