Le sénateur américain Bernie Sanders s’en est de nouveau pris à l’industrie des cryptomonnaies. Selon lui, les acteurs les plus influents du secteur dépensent des centaines de millions de dollars pour accroître leur poids politique aux États-Unis. Sa critique ne vise pas les actifs numériques en tant que tels, mais le rôle croissant du secteur dans les campagnes électorales.
Sanders dénonce l’influence politique de la crypto
Lors d’un meeting de campagne à Minneapolis, Bernie Sanders a affiché son soutien à Peggy Flanagan, candidate démocrate au Sénat. Il a alors mis en garde contre l’influence grandissante de puissants groupes d’intérêts sur la vie politique américaine.
Sur X, il a écrit : « Ensemble, nous allons affronter l’industrie crypto, le secteur de l’IA, l’AIPAC et les autres super PAC financés par des milliardaires. »
Par cette déclaration, Sanders ne visait pas les technologies crypto ou blockchain, mais l’influence politique que l’industrie des cryptomonnaies aurait, selon lui, acquise grâce à des millions de dollars de contributions de campagne. Pour le sénateur, ces groupes d’intérêts fortunés pèsent de plus en plus sur les élections et l’élaboration des lois.
Sanders n’a cité aucune entreprise crypto ni aucun comité d’action politique en particulier. Sa critique portait surtout sur le rôle des grands donateurs qui, selon lui, influencent de manière croissante la politique américaine.
L’industrie crypto investit des montants records dans les élections
Les critiques de Sanders interviennent alors que l’industrie crypto injecte plus d’argent que jamais dans les campagnes électorales américaines. Selon l’organisation Public Citizen, environ 189 millions de dollars ont déjà été versés par le secteur à des campagnes politiques au cours du cycle électoral actuel. L’industrie est ainsi devenue l’un des principaux financeurs des élections aux États-Unis.
Fairshake, un comité d’action politique soutenu notamment par Ripple, Coinbase et la société d’investissement Andreessen Horowitz, joue un rôle central. L’organisation appuie des candidats favorables à une réglementation claire des actifs numériques.
Ce soutien concerne aussi bien des candidats démocrates que républicains. Des organisations liées à Fairshake ont ainsi investi auparavant plus de huit millions de dollars dans des primaires dans le Maryland, à New York et dans l’Utah. Dans le Maryland, Adrian Boafo a remporté l’investiture démocrate avec le soutien de groupes proches de l’industrie crypto.
Les républicains bénéficient eux aussi de cet appui financier. Un comité d’action politique lié à Fairshake a dépensé plus de douze millions de dollars pour la campagne sénatoriale de Barry Moore en Alabama. Le réseau montre ainsi qu’il soutient des candidats des deux grands partis, dès lors qu’ils se prononcent en faveur de règles claires pour les actifs numériques.
Sanders cible l’influence politique
Malgré ses propos virulents, Sanders n’a pas appelé à interdire les cryptomonnaies et n’a présenté aucun nouveau projet de loi. Sa critique porte sur l’influence croissante des grandes entreprises et des donateurs fortunés sur la politique américaine. Selon le sénateur, l’industrie crypto fait partie des secteurs qui cherchent à peser de plus en plus sur la décision politique au moyen de millions de dollars de contributions de campagne.
Ces déclarations s’inscrivent dans une position plus largement critique de Sanders à l’égard du secteur. En juin, il avait appelé, avec les sénateurs Elizabeth Warren et Bobby Scott, le ministère américain du Travail à retirer une proposition qui donnerait aux gestionnaires de retraite davantage de latitude pour intégrer des investissements alternatifs, dont des actifs numériques, dans les plans d’épargne retraite 401(k).
Selon les trois élus, les fortes variations de prix des cryptomonnaies pourraient exposer les épargnants à des risques supplémentaires pour leur retraite. La proposition n’oblige toutefois pas les employeurs à proposer des actifs numériques, mais elle accorde aux gestionnaires de retraite une plus grande liberté pour examiner cette possibilité.
Dans le même temps, le Congrès américain travaille à une nouvelle législation sur les actifs numériques, tandis que les organisations politiques soutenues par l’industrie crypto continuent d’investir des millions de dollars dans les campagnes électorales. À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, le débat sur l’influence politique du secteur devrait encore s’intensifier.
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