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Le Sénat américain devra trancher dans les prochaines semaines sur un texte clé encadrant les cryptomonnaies. Le président Donald Trump tente d’accentuer la pression en appelant les sénateurs à adopter le CLARITY Act. Il invoque à cette occasion la mémoire du sénateur républicain Lindsey Graham, récemment décédé, alors que le projet de loi continue de diviser fortement la classe politique.

Le Sénat a jusqu’au 7 août

Trump a écrit hier sur Truth Social que le texte devait être adopté « en hommage » à Graham. Selon le président, le sénateur était « un fervent partisan » du CLARITY Act. Le Sénat reprend ses travaux lundi après une courte suspension et aura ensuite jusqu’au 7 août pour se prononcer sur le projet, avant le début de la pause estivale.

Donald Trump roept Senaat op CLARITY Act aan te nemen na overlijden Graham.
(Source : Donald Trump)

Graham est décédé samedi à l’âge de 71 ans. Il représentait la Caroline du Sud au Sénat depuis 2003.

Un élément interroge toutefois : durant cette session parlementaire, Graham ne siégeait dans aucune des commissions chargées d’examiner le CLARITY Act. Il n’a pas non plus pris part aux votes portant sur l’avancement du texte. En revanche, il avait voté en 2025 en faveur du GENIUS Act, la loi américaine sur les stablecoins. Aucune déclaration publique connue ne montre qu’il ait explicitement soutenu le CLARITY Act.

Trump critiqué sur ses liens avec la crypto

Le CLARITY Act vise à préciser quel régulateur est compétent pour superviser les cryptoactifs. L’un des volets majeurs du texte prévoit de transférer une grande partie de la surveillance de la Securities and Exchange Commission (SEC) vers la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Il définit aussi les modalités d’enregistrement des plateformes d’échange et les règles applicables aux entreprises émettant des tokens.

Les résistances politiques restent toutefois importantes. Plusieurs sénateurs démocrates n’envisagent de soutenir le texte qu’à condition d’y intégrer des règles plus strictes destinées à prévenir les conflits d’intérêts entre responsables politiques et secteur crypto.

Plusieurs sénateurs démocrates avaient déjà appelé auparavant à l’ouverture d’une enquête sur les revenus crypto de Trump. Ils pointent notamment son implication dans son propre memecoin et dans l’entreprise familiale World Liberty Financial (WLF), qui lui aurait rapporté environ 1,4 milliard de dollars selon ses déclarations financières.

Le secteur bancaire se montre lui aussi critique. Plusieurs banques américaines et organisations professionnelles pressent le Sénat de durcir davantage les règles applicables aux stablecoins. Elles redoutent que des entreprises crypto puissent proposer des produits proches de services bancaires sans être soumises aux mêmes exigences.

Le temps presse pour le CLARITY Act

La position des républicains au Sénat s’est en outre affaiblie. Avec le décès de Graham et l’hospitalisation du sénateur Mitch McConnell, ils ne disposent plus actuellement que d’une majorité de 51 sièges contre 47. Or la plupart des textes nécessitent 60 voix, ce qui rend toujours indispensable le soutien de démocrates.

Un report pourrait encore réduire les chances d’adoption. Si l’examen du texte était renvoyé au 120e Congrès, le soutien politique au CLARITY Act devrait être reconstruit. Autre facteur à prendre en compte : la sénatrice Cynthia Lummis, l’une des principales voix favorables à la crypto au Sénat, ne reviendra pas à l’issue de ce mandat.

Lummis a également apporté hier son soutien à l’appel de Trump. Sur X, elle a écrit que Graham « tenait profondément à ce que l’Amérique conserve un rôle de premier plan dans tous les domaines, y compris dans celui des cryptomonnaies ».

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