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Le président Donald Trump et son équipe ont utilisé des conditions strictes pour justifier leur action contre l’Iran. Cependant, lors d’une conférence de presse mercredi, Trump semblait prendre ses distances avec ces positions.

Bien qu’il ait réitéré qu’il ne devrait jamais y avoir d’armes nucléaires en Iran, il a également suggéré que Téhéran pourrait enrichir de l’uranium à des fins civiles, maintenir son propre programme de missiles balistiques et retrouver l’accès à des milliards de dollars d’avoirs gelés.

Ces trois sujets sont au cœur du débat sur la politique américaine envers l’Iran depuis des années. Ils étaient également au centre de l’accord nucléaire de 2015, conclu sous le président Barack Obama pour limiter le programme nucléaire iranien. À l’époque, Trump était l’un des détracteurs les plus virulents de cet accord. Il semble maintenant adopter une position plus proche de cet accord initial qu’attendu par beaucoup de ses alliés.

Pro- et anti-échangent de position

Ce changement de cap de Trump a provoqué des réactions surprenantes à Washington. D’éminents républicains, qui avaient toujours prôné une approche stricte envers l’Iran, tels que l’ancien vice-président Mike Pence et l’ex-ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley, ont critiqué cette nouvelle approche. Parallèlement, le président a reçu un soutien inattendu de milieux habituellement critiques envers lui.

Selon Christian Whiton, ancien conseiller au département d’État sous le président George W. Bush et lors du premier mandat de Trump, ce dernier adopte maintenant plusieurs éléments de la politique qu’il avait précédemment critiquée chez l’ancien président Barack Obama.

Le Conseil national irano-américain a salué les mesures annoncées. Selon l’organisation, elles ne constituent pas des concessions à l’Iran, mais une correction d’une politique de pression et de sanctions qui, selon elle, n’a pas donné de résultats et a même accru le risque de guerre.

Missiles, uranium et milliards d’avoirs gelés

Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G7 en France, Trump a adopté un ton remarquablement différent sur plusieurs dossiers sensibles.

Il a ainsi minimisé la menace du programme de missiles iranien, ce qui contraste fortement avec les déclarations antérieures du ministre américain de la Défense Pete Hegseth, qui, peu après le début de la guerre, avait déclaré que neutraliser la capacité de missiles iraniens était un objectif majeur. Trump a toutefois affirmé que les missiles ne constituaient pas le principal problème et a observé que l’Iran, comme d’autres pays, souhaite posséder de telles armes.

Il s’est également montré nettement plus conciliant sur l’enrichissement d’uranium que par le passé. Trump et de nombreux républicains ont longtemps soutenu que l’Iran ne devrait pas enrichir d’uranium s’il ne veut vraiment pas développer d’armes nucléaires. Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio avait encore déclaré en mai que Téhéran devait renoncer totalement aux activités d’enrichissement. Aux côtés de Rubio, Trump a cependant indiqué mercredi qu’il voyait la situation différemment. Selon lui, il est difficile de refuser à l’Iran cette possibilité alors que les pays voisins peuvent enrichir de l’uranium pour, entre autres, produire de l’électricité.

La plus grande surprise est peut-être venue sur le front des avoirs iraniens gelés. L’Iran dispose de milliards de dollars sur des comptes étrangers rendus inaccessibles par les sanctions américaines. Washington justifiait cela depuis des années en affirmant que Téhéran finançait des organisations terroristes telles que le Hezbollah et le Hamas. Trump a cependant suggéré que ces fonds devraient finalement être libérés. Selon lui, il s’agit d’argent iranien gelé par les États-Unis. Si Washington garde cet argent indéfiniment, cela pourrait, selon le président, miner la confiance dans le dollar.

Ces déclarations ont été mal accueillies par certains des alliés les plus fidèles de Trump. Le sénateur républicain Ted Cruz a averti que libérer des milliards de dollars à un régime hostile aux États-Unis serait une erreur dangereuse. Selon lui, l’histoire montre que de telles concessions financières se terminent rarement bien.

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