Les valeurs technologiques asiatiques ont de nouveau lourdement chuté jeudi. Le mouvement de vente a suivi une séance plus faible à Wall Street pour les actions liées à l’IA et illustre la nervosité actuelle autour de l’intelligence artificielle. Alors que les investisseurs s’étaient encore rués sur le secteur en début de semaine après de solides résultats trimestriels, ils privilégient désormais les prises de bénéfices.
La Corée du Sud a été particulièrement touchée. SK Hynix a perdu 9,71 %, Samsung Electronics a reculé de 6,13 % et Seoul Semiconductor a cédé 4,27 %. Le secteur sud-coréen des semi-conducteurs repart ainsi nettement à la baisse après les fortes hausses enregistrées plus tôt dans la semaine.

La Corée du Sud reste un baromètre de l’IA
La Bourse coréenne s’est imposée comme l’un des principaux indicateurs du sentiment mondial autour de l’IA. Cela tient surtout à Samsung et SK Hynix. Les deux groupes jouent un rôle clé sur le marché de la mémoire et dans la production de mémoire à large bande passante, indispensable aux centres de données dédiés à l’IA.
Lorsque les investisseurs ont confiance dans les dépenses d’IA de Microsoft, Amazon, Google et d’autres géants du cloud, ces actions progressent fortement. Mais dès que des doutes apparaissent sur les valorisations, les dépenses d’investissement ou la rentabilité, Samsung et SK Hynix sont tout aussi rapidement vendus.

La volatilité récente montre à quel point les positions sont tendues. De nombreux investisseurs sont exposés aux mêmes grands gagnants de l’IA, ce qui amplifie les mouvements de cours dans les deux sens.
Le Japon et Taïwan suivent le mouvement
Les valeurs technologiques japonaises ont également été sous pression. SoftBank a reculé de 4,36 %. Le fabricant d’équipements pour semi-conducteurs Tokyo Electron a perdu plus de 5 % et Advantest a cédé 2,14 %. Kioxia, le producteur japonais de mémoires, a été plus durement touché, avec une baisse de 8,84 %.
À Taïwan, TSMC a perdu 1,46 %. Le repli reste relativement limité, mais il est significatif. TSMC demeure le principal fondeur mondial pour compte de tiers et occupe une place centrale dans la chaîne des puces liées à l’IA. La faiblesse du titre montre que la pression vendeuse ne se limite pas à la Corée du Sud ou au Japon.

JPMorgan reste optimiste
Pour autant, les analystes de JPMorgan ne voient pas encore de raison de remettre en cause le cycle d’investissement dans l’IA. Selon la banque, les baisses de cours sont douloureuses, mais les indicateurs fondamentaux ne signalent pas encore de faiblesse nette pour les 6 à 12 prochains mois. JPMorgan ne s’attend pas non plus à ce que les grands fournisseurs de cloud réduisent fortement à court terme leurs investissements dans les infrastructures d’IA.
C’est le cœur du débat. Le marché ne doute pas nécessairement de l’IA en tant que technologie. Il s’interroge surtout sur les valorisations, le calendrier et la capacité de ces investissements massifs à se transformer assez rapidement en bénéfices.
Wall Street surmonte ses craintes électorales : le S&P 500 gagne plus de 1 %
Les Bourses américaines rebondissent après la victoire des démocrates. Les investisseurs espèrent un climat plus apaisé, tandis que le dollar et les rendements obligataires reculent.
Actions tokenisées : SpaceX et Tesla s’y opposent aussi
SpaceX et Tesla s’opposent à la négociation d’actions tokenisées via OKXICE. Des dizaines d’autres entreprises bloquent également des projets de négociation d’actions américaines sous forme de jetons numériques.
Tesla et SpaceX reculent après la victoire des démocrates, un revers pour Musk
Tesla et SpaceX reculent après la victoire des démocrates. Les investisseurs redoutent une surveillance accrue des entreprises d’Elon Musk et un retard dans un projet de fusion d’envergure.
Le plus lu
L’IA est peut-être déjà consciente, avertit un prix Nobel
Le prix Nobel Geoffrey Hinton estime que l’IA pourrait déjà être consciente et met en garde contre les risques majeurs d’une mauvaise utilisation de cette technologie.
Les marchés traitent à nouveau la France comme un pays en crise
Les taux d’intérêt français atteignent leur plus haut niveau depuis 2002. Ces tensions rappellent la crise de la zone euro de 2011 et mettent aussi l’Allemagne sous pression.
Trump renonce à frapper l’Iran, mais les tensions s’intensifient
Washington redoute des attaques iraniennes contre des responsables américains, y compris sur le sol des États-Unis. L’Iran annonce une guerre asymétrique et sans merci.