Dans plusieurs pays, les propriétaires de cryptomonnaies sont de plus en plus souvent victimes d’attaques physiques. C’est ce qui ressort des données recueillies depuis des années par Jameson Lopp, responsable de la sécurité chez Casa, une entreprise de Bitcoin (BTC). Pourtant, il reste incertain que des solutions technologiques comme les panic wallets offrent une réelle protection, une question de plus en plus pressante.

Les attaques augmentent de 160 % en 2025

Lopp a déjà documenté plus de 225 attaques confirmées. Selon lui, le nombre de signalements va augmenter de plus de 160 % en 2025, principalement pendant les périodes où le cours du Bitcoin et le volume de transactions s’accroissent fortement.

En décembre, dans le Val d’Oise en France, le père d’un entrepreneur en cryptomonnaies résidant à Dubaï a été enlevé. C’était un autre incident où les victimes ont été mises sous pression physiquement plutôt que numériquement. Environ un quart de tous les cas concernent des cambriolages, tandis qu’un nombre presque égal d’attaques impliquent des enlèvements. Deux tiers des attaques réussissent, bien que 60 % des agresseurs finissent par être arrêtés.

L’émergence des panic wallets est censée changer cette situation. Certaines portefeuilles peuvent, par une manipulation subtile, afficher un solde fictif ou effacer les fonds réels. Cependant, selon Lopp, la pratique s’avère beaucoup plus complexe. Il cite l’exemple d’une victime qui a essayé d’utiliser un leurre mais n’a pas réussi à convaincre l’agresseur. Une autre victime a immédiatement obéi aux exigences, mais a tout de même été torturée pendant des heures car l’agresseur pensait qu’il y avait plus de réserves.

Nouvelle sécurité après un échec de transaction OTC

Cependant, de nouvelles idées émergent pour mieux protéger les utilisateurs. Pour Matthew Jones, cela a commencé après l’échec d’une transaction OTC à Amsterdam. Une transaction OTC est, en effet, un accord privé entre deux parties sans recours à une plateforme d’échange. Par la suite, il a lancé, via son entreprise Haven, un portefeuille biométrique.

Les transactions importantes nécessitent une reconnaissance faciale en direct sur l’appareil de l’utilisateur. Les montants supérieurs à 1000 dollars doivent par ailleurs être validés en temps réel par une seconde personne. Selon Jones, cela réduit le risque qu’une personne sous contrainte puisse déplacer de grosses sommes, car associer un nouveau contact n’est possible qu’après 24 heures.

La pression croissante pousse certains propriétaires de cryptomonnaies à se demander si l’auto-gestion reste l’option la plus sûre. Lopp met en garde contre les risques de centralisation si trop d’utilisateurs optent pour des solutions de garde, où une entreprise gère les clés au lieu de l’utilisateur lui-même. Selon lui, la discrétion sociale est essentielle. Ceux qui ne s’affichent pas publiquement avec leurs crypto-actifs sont plus difficiles à repérer.

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