Le prix du pétrole recule nettement, au point que le marché ne croit plus à une hausse des taux de la banque centrale américaine le mois prochain. Les actions, le Bitcoin (BTC), mais aussi les métaux précieux, en profitent. L’or et l’argent ont nettement rebondi, et le premier a signé une percée importante sur les graphiques.
Pétrole moins cher et dollar plus faible
Une fois de plus, l’Iran et les États-Unis semblent se diriger vers un accord, au moins provisoire. Résultat : le prix du pétrole a chuté hier jusqu’à 6 %.
Un pétrole moins cher signifie une pression inflationniste plus faible. Cela pèse sur les anticipations d’inflation, qui tirent à leur tour les taux vers le bas. Plus l’inflation est élevée, plus les investisseurs exigent une compensation importante pour prêter de l’argent à l’État.
Pour la prochaine réunion de septembre, le marché ne table désormais plus sur une hausse des taux. Le rendement des obligations à deux ans, le plus étroitement lié à la politique de la banque centrale, est repassé sous son niveau d’avant la réunion monétaire de cette semaine.
Les taux avaient alors été maintenus inchangés, mais trois des douze responsables monétaires avaient déjà voté en faveur d’un relèvement.
L’or et l’argent ne rapportant pas d’intérêts, ils profitent tous deux de cette détente. Il en va de même pour le Bitcoin. Les actions bénéficient surtout de la baisse des coûts d’emprunt pour les investissements et de la manière dont les bénéfices futurs sont valorisés.
À cela s’ajoute la faiblesse du dollar. L’or et l’argent étant libellés en dollars, un repli de la devise américaine rend ces deux métaux moins chers pour les acheteurs situés hors des États-Unis. De quoi soutenir la demande.
L’or progresse aujourd’hui de 1,70 %, et l’argent de 2,69 %. Le Bitcoin et les marchés actions mondiaux évoluent également dans le vert.
Le graphique de l’or présente par ailleurs un signal intéressant. Le cours est sorti par le haut d’un triangle descendant, une configuration dans laquelle les sommets reculent tandis que le support reste en place. Depuis le pic de fin janvier, les plus hauts étaient de plus en plus bas, mais cette dynamique pourrait désormais changer.

Le détroit d’Ormuz pourrait rouvrir
La baisse du prix du pétrole s’est amorcée lors du dernier week-end de juillet, au moment de l’entrée en vigueur d’une trêve non officielle. Au cours des deux semaines précédentes, le pétrole avait bondi de plus de 43 %, après l’échec de l’accord-cadre conclu auparavant.
De nouvelles attaques de part et d’autre, et surtout la fermeture du détroit d’Ormuz, avaient alors provoqué une nouvelle forte poussée sur les marchés de l’énergie.
Le week-end dernier, le président américain Donald Trump a déclaré avoir mis fin aux attaques contre l’Iran, en raison de la préparation d’un accord destiné à mettre un terme à la guerre.
Hier, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que l’accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait être bouclé dès aujourd’hui.
Voici ce qui est désormais attendu :
- L’accord s’applique pendant 60 jours et pourra ensuite être prolongé
- Les navires entrant dans le Golfe empruntent une route au nord, via les eaux iraniennes
- Les navires sortants empruntent une route au sud, le long d’Oman
- Aucun droit de péage ni frais de passage n’est facturé pendant ces 60 jours
- Les mines marines présentes dans le chenal central doivent être retirées dans un délai de 30 jours
- Ce chenal central sera ensuite ouvert au trafic dans les deux sens, dans le cadre d’un accord permanent que l’Iran et Oman doivent encore négocier
Pour Téhéran, le gain se situe dans ce deuxième point. Le pays obtient un droit de regard sur le trafic maritime entrant, ce dont il ne disposait pas avant la guerre.
Malgré la hausse du mois dernier, la tendance du Brent reste orientée à la baisse. Mais, au bout du compte, le sort du graphique dépendra surtout de la conclusion, ou non, d’un accord de paix définitif.

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