Les États-Unis ont imposé des sanctions à la plateforme crypto iranienne BitBank. Selon le département américain du Trésor, cette bourse aurait joué un rôle important dans le transfert de centaines de millions de dollars en Bitcoin (BTC) vers les Gardiens de la révolution iraniens.

L’affaire ne s’arrête pas là. BitBank aurait également servi à faire transiter des fonds perçus par l’Iran auprès de navires empruntant le détroit d’Ormuz. Le Bitcoin se retrouve ainsi au cœur d’un conflit géopolitique autour de l’une des principales routes maritimes du pétrole mondial.

Des centaines de millions de dollars en Bitcoin transférés

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme américain chargé des sanctions, a inscrit BitBank sur sa liste noire. Pishtaz Simorgh Electronic Trade Company, l’entreprise à l’origine du logiciel de la plateforme crypto, est également visée.

BitBank est une plateforme crypto iranienne qui, selon les autorités américaines, est promue depuis au moins 2024 par l’homme d’affaires iranien Babak Zanjani. Ce dernier figure lui aussi sur la liste des sanctions américaines.

Selon l’OFAC, Zanjani a utilisé BitBank entre juin et juillet pour transférer aux Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), les Gardiens de la révolution iraniens, plusieurs centaines de millions de dollars en Bitcoin.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, affirme que cette mesure vise à rappeler que les transactions en cryptomonnaies ne permettent pas d’échapper aux sanctions américaines.

Selon Scott Bessent, les sanctions visant l’infrastructure iranienne des actifs numériques montrent clairement que les tentatives de financer le régime iranien au moyen des cryptomonnaies restent pleinement dans le champ d’action de l’OFAC.

Le Bitcoin utilisé pour des paiements liés au détroit d’Ormuz

L’affaire retient surtout l’attention en raison de son lien avec le détroit d’Ormuz. Cette étroite voie maritime située entre l’Iran et Oman est essentielle au commerce mondial du pétrole.

L’Iran a mis en place un système dans lequel les navires doivent payer pour des services et une forme de passage sécurisé. Selon de précédentes informations américaines, ces prestations incluent notamment des assurances, l’assistance à la navigation, la sécurité et les secours d’urgence.

L’organisation Hormuz Safe Marine Services Authority accepte également le Bitcoin et d’autres actifs numériques. L’OFAC avait déjà sanctionné cette entité auparavant. Depuis juin, Hormuz Safe aurait ensuite utilisé BitBank pour transférer les paiements reçus vers des organismes publics iraniens.

Les États-Unis considèrent ce dispositif comme un moyen de générer des revenus pour les IRGC. Washington affirme en outre que les navires subissent des pressions pour payer leur passage. L’Iran présente ces paiements comme relevant de services maritimes et d’assurances.

Les entreprises crypto étrangères également exposées

Les sanctions ne concernent pas uniquement BitBank. Les avoirs de l’entreprise relevant de la juridiction américaine sont gelés. Les ressortissants américains n’ont par ailleurs plus le droit de faire affaire avec la plateforme crypto.

Les entreprises situées hors des États-Unis peuvent elles aussi s’exposer à des risques si elles traitent des transactions pour BitBank ou pour d’autres entités iraniennes sanctionnées. Le gouvernement américain avertit que les institutions financières étrangères facilitant ce type d’opérations pourraient à leur tour faire l’objet de sanctions.

Fait notable, l’OFAC n’a publié aucune adresse Bitcoin spécifique dans le cadre de cette nouvelle série de sanctions. Lors de précédentes mesures visant des entreprises crypto, le régulateur américain avait parfois communiqué des adresses de portefeuilles. Ces adresses peuvent être directement intégrées par les plateformes crypto et d’autres acteurs financiers à leurs systèmes de contrôle.

L’affaire BitBank illustre ainsi la place croissante du Bitcoin dans l’affrontement financier autour de l’Iran. Le gouvernement américain ne cible plus seulement les banques traditionnelles et les réseaux de paiement, mais cherche aussi à couper les plateformes crypto iraniennes et les flux d’argent numériques.

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