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Nvidia franchit une nouvelle étape dans la course à l’IA. Selon le Financial Times, le géant des semi-conducteurs a signé des engagements de location pouvant atteindre 50 milliards de dollars pour un immense centre de données au Texas.

Le projet est porté par Hut 8, un ancien mineur de Bitcoin (BTC), et doit à terme accueillir des centaines de milliers de GPU Nvidia.

Nvidia n’est donc plus seulement le fournisseur des puces. Le groupe contribue aussi au financement des infrastructures destinées à les héberger.

Nvidia loue un centre de données entier

Le centre de données texan doit disposer d’une capacité de 1 gigawatt. Le site a sécurisé son accès à l’électricité, une ressource de plus en plus rare alors que les centres de données dédiés à l’IA se disputent, partout dans le monde, l’énergie, les raccordements au réseau et les capacités de refroidissement.

Nvidia louera l’ensemble de l’installation. La première période de location s’étend sur 15 ans et représente 19,6 milliards de dollars. Avec les options de prolongation, le montant total pourrait atteindre 50 milliards de dollars sur 30 ans.

Nvidia pourra ensuite sous-louer cette capacité à des acteurs dits « neoclouds ». Il s’agit de sociétés spécialisées dans le cloud pour l’IA, qui achètent des puces Nvidia et revendent de la puissance de calcul à leurs clients. Nvidia met ainsi la main sur un maillon essentiel de la chaîne : non seulement la puce, mais aussi l’endroit où elle fonctionne.

Le bilan comme arme stratégique

Pour Hut 8, l’engagement de Nvidia est déterminant. Grâce au contrat de location, l’entreprise a pu émettre environ 4,3 milliards de dollars d’obligations pour la première phase du projet, avec une note investment grade attribuée par Moody’s.

Cela illustre la puissance financière acquise par Nvidia. Lorsqu’il apporte son soutien à un centre de données, le risque de financement diminue. Les projets peuvent alors être construits plus vite et à moindre coût.

Mais c’est précisément là que réside le risque. Les investisseurs s’inquiètent de plus en plus d’un financement circulaire dans l’IA. Nvidia investit dans des entreprises qui achètent ses puces, soutient des fournisseurs de cloud qui utilisent son matériel et loue désormais même des capacités de centres de données où seront installées ses propres puces.

La question est donc de savoir quelle part de la demande liée à l’IA correspond à une demande finale réelle, et quelle part est rendue possible par le propre bilan de Nvidia.

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