Les prix à la production aux États-Unis ont augmenté en janvier plus que prévu. L’indice des prix à la production (PPI) a progressé de 0,5 % sur un mois, dépassant la prévision de 0,3 % et marquant la plus forte hausse depuis septembre. C’est le secteur des services qui a principalement contribué à cette inflation, indiquant une pression continue sur les prix dans l’économie.
Ces chiffres suivent des données inflationnistes récentes contrastées : l’IPC de janvier a été plus bas que prévu, mais l’indice PCE de décembre a dépassé les attentes. Cela renforce l’idée que l’inflation aux États-Unis peine à atteindre l’objectif des deux pour cent.
Hausse marquée du PPI, les services stimulent l’inflation
Selon le Bureau américain des statistiques du travail, le PPI de base, excluant alimentation et énergie, a augmenté de 0,8 % sur un mois. Cela dépasse largement la prévision de 0,3 % et représente la plus forte hausse depuis juillet.
Sur un an, le PPI total atteint 2,9 %, contre une prévision de 2,6 %. Le PPI de base s’établit à 3,6 %, alors que 3,0 % étaient attendus.
Il est notable que ce sont surtout les services qui ont alimenté l’inflation. Les coûts de gestion de portefeuille, les billets d’avion et les soins médicaux ont fortement augmenté. Ces éléments sont importants car ils sont partiellement inclus dans l’indice des prix PCE, la mesure d’inflation privilégiée par la Réserve fédérale.
Le rapport sur le PPI augmente ainsi les chances que les prochains chiffres du PCE restent élevés. Ceux-ci seront publiés le 13 mars, accompagnés de nouvelles données sur les revenus et les dépenses.
Rôle des tarifs et de la pression sur les marges
Selon Bloomberg, les chiffres successifs du PPI indiquent une progression lente dans la lutte contre l’inflation. Les droits d’importation plus élevés sur les matériaux ont poussé les producteurs à augmenter les prix ou à réduire les coûts ailleurs pour protéger leurs marges.
Bien que jusqu’à présent les entreprises aient augmenté les prix avec moins d’agressivité que redouté, la pression sous-jacente reste visible. La hausse des prix des biens, hormis l’alimentation et l’énergie, a été l’une des plus fortes depuis début 2022.
Tout cela complique la tâche de la Réserve fédérale pour abaisser rapidement les taux d’intérêt. Après trois baisses de taux à la fin de l’année dernière, l’urgence de poursuivre l’assouplissement est limitée, surtout avec un marché du travail qui montre des signes de stabilisation.
Réaction immédiate des marchés
Suite à la publication des chiffres, les contrats à terme sur actions ont chuté davantage. En parallèle, les taux des obligations d’État américaines ont augmenté, indiquant des attentes croissantes que les taux directeurs restent élevés plus longtemps.
Les investisseurs considèrent la combinaison d’une inflation soutenue et d’un marché du travail stable comme un signe que la Fed a peu de raisons d’intervenir pour le moment.
Impact sur le cours du Bitcoin
Sur le marché des cryptomonnaies, les nouvelles macroéconomiques suscitent également de la nervosité. Le cours du Bitcoin évolue autour de 66 000 dollars et reste sensible aux variations des attentes en matière de taux d’intérêt. Des prix à la production plus élevés augmentent la probabilité que la Réserve fédérale maintienne les taux plus élevés plus longtemps, ce qui pèse généralement sur les actifs risqués comme les cryptos.
Les investisseurs ne se concentrent pas uniquement sur le chiffre de l’inflation lui-même, mais surtout sur ses implications pour la politique monétaire future. Si le marché anticipe un report des baisses de taux, la volonté de maintenir de grandes positions dans des actifs volatils diminue. Cela entraîne souvent des fluctuations sur une courte période, notamment autour des publications de données macroéconomiques importantes.
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