Les États-Unis veulent intensifier la lutte contre ce que la Maison-Blanche décrit comme un vol massif d’IA par les entreprises chinoises. Selon Washington, des entités étrangères tentent systématiquement de copier la technologie des modèles d’IA américains via des attaques dites de distillation, reproduisant les performances de modèles avancés à des coûts bien inférieurs.
Selon le gouvernement américain, cela ne constitue plus un risque théorique, mais un problème géopolitique concret.
Que se passe-t-il exactement ?
Pour ce faire, des entités étrangères utiliseraient, d’après la Maison-Blanche, des milliers de comptes proxy et des techniques dites de « jailbreaking » pour collecter de grandes quantités de données et de résultats de modèles.
L’objectif est clair : reconstituer les capacités des modèles d’IA américains.
Washington indique que ces méthodes permettent de développer des produits qui semblent similaires sur certains critères de référence, mais qui sont moins coûteux à produire et comportent moins de restrictions en matière de sécurité. Cela affecte directement la compétitivité des entreprises américaines d’IA.
Le différentiel de coûts alimente les inquiétudes
Une partie des préoccupations réside dans l’énorme différence de prix. L’utilisation de modèles haut de gamme comme Claude Opus ou des variantes avancées de ChatGPT coûte beaucoup plus cher par million de tokens que les alternatives chinoises comme DeepSeek.
Cela alimente la crainte que l’innovation américaine soit copiée, tandis que les concurrents lancent ensuite des produits moins chers sur le marché. Cela soulève une question cruciale pour les investisseurs : combien de l’avance des entreprises américaines d’IA est réellement protégée ?
Anthropic avait déjà tiré la sonnette d’alarme
L’avertissement ne vient pas de nulle part. Anthropic a déjà accusé plusieurs entreprises chinoises d’IA d’avoir utilisé des millions d’interactions avec ses modèles pour déduire les capacités dans des domaines tels que :
- le raisonnement agentiel
- la programmation
- l’analyse des données
- l’évaluation basée sur des critères
- et la vision par ordinateur
Selon ces accusations, cela concernerait 16 millions d’interactions réparties sur 24 000 comptes frauduleux.
La Maison-Blanche cherche à collaborer avec le secteur privé
Washington souhaite désormais renforcer les défenses en collaboration avec les entreprises américaines d’IA. Les plans incluent le partage d’informations sur les attaques à grande échelle, l’aide à une meilleure coordination des entreprises, le renforcement des couches de défense numérique et l’examen des mesures pour rendre les acteurs étrangers responsables.
Il s’agit non seulement d’une politique de cybersécurité, mais aussi d’une politique industrielle.
Pourquoi cela est important pour les marchés
Cela va au-delà de la technologie. Si l’IA est de plus en plus considérée comme une infrastructure stratégique, le secteur acquiert des caractéristiques d’une lutte de pouvoir géopolitique, comparable au secteur des puces électroniques.
Cela pourrait avoir des conséquences sur :
- les réglementations d’exportation
- les valorisations des entreprises d’IA
- la concurrence internationale
- et les investissements dans les centres de données et l’infrastructure d’IA américains
En ce sens, cela concerne également des entreprises comme Nvidia, Palantir, Microsoft et les partenaires d’OpenAI.
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