Le prix du gaz en Europe a atteint son plus haut niveau depuis la crise énergétique de 2022. La guerre au Moyen-Orient fait flamber les cours, alors que les Pays-Bas abordent l’hiver avec des stocks relativement faibles. Des millions de ménages risquent ainsi de voir leur facture énergétique s’alourdir fortement.

Le prix du gaz a presque triplé avec la guerre au Moyen-Orient

Sur le marché européen de gros, le prix du gaz a brièvement dépassé 87 euros par mégawattheure mercredi matin. Il s’agit de son plus haut niveau depuis la crise énergétique qui a suivi l’invasion russe de l’Ukraine.

La hausse est considérable. En février, le mégawattheure de gaz coûtait encore environ 30 euros. Depuis, son prix a presque triplé.

Cette flambée trouve son origine principalement au Moyen-Orient. Depuis le début des attaques américaines contre l’Iran, l’approvisionnement énergétique de la région est fortement perturbé. Les attaques iraniennes et les opérations des Houthis du Yémen ont touché d’importantes raffineries ainsi que des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL).

En septembre, le prix du gaz avait déjà atteint un pic de 82 euros par mégawattheure. L’accalmie dans les combats autour du golfe Persique avait ensuite permis un recul temporaire des cours.

Ce répit a été de courte durée. Depuis début octobre, de nouvelles attaques des Houthis provoquent une forte hausse des prix. Les incertitudes sur l’approvisionnement en gaz du Qatar et la navigation dans le détroit d’Ormuz pèsent particulièrement sur le marché européen de l’énergie.

L’Europe dépend ainsi de plus en plus du GNL américain. Elle doit également faire face à la concurrence d’autres pays, eux aussi à la recherche de nouveaux fournisseurs de gaz.

Des stocks de gaz particulièrement bas aux Pays-Bas avant l’hiver

Cette hausse des prix intervient à un moment particulièrement défavorable. La saison de chauffage approche, alors que les stocks de gaz néerlandais sont nettement inférieurs à ceux des années précédentes.

Selon les données suivies par le comparateur Independer, les sites de stockage de gaz néerlandais n’étaient remplis qu’à 62,9 % au 12 octobre.

Un an auparavant, à la même date, ce taux atteignait encore 71,9 %. En 2024, il s’élevait même à 92,1 %.

Les Pays-Bas abordent donc les mois les plus froids avec une réserve de sécurité nettement réduite.

Cette situation résulte en partie d’un choix politique délibéré. Le 11 septembre, l’objectif de remplissage des stocks néerlandais a été abaissé de 74 à 64 %. La Commission européenne avait auparavant appelé les États membres à stocker moins de gaz, afin d’éviter qu’une forte demande ne fasse encore grimper les prix.

La Commission européenne estime que cet objectif réduit reste prudent. Les calculs d’Independer montrent toutefois à quel point les Pays-Bas pourraient dépendre de nouvelles livraisons de gaz cet hiver.

Avec un hiver comparable à celui de 2024, les stocks actuels seraient épuisés le 12 février en l’absence de nouvelles livraisons. Avec un hiver semblable à celui de 2025, ils tiendraient jusqu’au 19 mars.

Cela ne signifie pas que les Pays-Bas risquent effectivement de manquer de gaz. Le pays continue d’en importer par gazoduc depuis la Norvège et par méthaniers, principalement en provenance des États-Unis.

Ces stocks réduits rendent toutefois les Pays-Bas plus vulnérables aux perturbations du marché international du gaz.

La hausse des prix alourdit la facture énergétique des ménages

La hausse du prix du gaz commence à se répercuter sur les tarifs proposés aux particuliers par les fournisseurs d’énergie.

Selon Energievergelijk.nl, Eneco, Oxxio et Vandebron ont relevé mardi les tarifs de leurs contrats d’énergie à prix fixe.

Chez Eneco, les nouveaux clients souscrivant un contrat de trois ans paient désormais 1,656 euro par mètre cube de gaz. Pour Eneco et Oxxio, il s’agissait déjà de la deuxième hausse en trois jours.

Eneco a parallèlement porté sa remise de bienvenue à 450 euros. Cette réduction n’est toutefois accordée qu’une seule fois, tandis que les clients restent engagés pendant trois ans à ce tarif du gaz plus élevé.

Pour les ménages disposant déjà d’un contrat à prix fixe, rien ne change pour l’instant. Ils continuent de payer le tarif convenu jusqu’à l’échéance de leur contrat.

Les clients ayant un contrat à prix variable pourraient généralement subir la hausse dès la prochaine révision tarifaire. Chez de nombreux fournisseurs, celle-ci est prévue le 1er janvier.

Les ménages dont le contrat d’énergie à prix fixe arrive prochainement à échéance risquent donc d’être particulièrement exposés à une forte hausse de leurs dépenses.

Les comparateurs de prix s’attendent à ce que les consommateurs paient leur gaz plus cher dans les prochains mois. L’ampleur de cette hausse dépendra notamment de l’évolution de la guerre et des températures hivernales.

Le gouvernement néerlandais a débloqué plus tôt cette année 950 millions d’euros pour des mesures dans le domaine de l’énergie.

L’approvisionnement international en gaz reste incertain. Tant que la guerre au Moyen-Orient perturbera les exportations de GNL du Qatar, l’Europe devra rivaliser avec d’autres acheteurs pour se fournir auprès d’autres pays. La disponibilité du GNL américain jouera notamment un rôle déterminant.

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