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Les prix du gaz en Europe ont bondi de 35 % jeudi après une attaque iranienne contre le complexe de Ras Laffan au Qatar, la plus grande installation de GNL au monde. Depuis le début du conflit avec l’Iran, les prix du gaz ont plus que doublé.

Dommages à Ras Laffan plus graves que prévu

L’installation au Qatar était déjà à l’arrêt depuis début mars après une attaque de drones. Cependant, la nouvelle attaque a causé des dommages physiques importants. Selon QatarEnergy, plusieurs installations ont été touchées, provoquant des incendies majeurs et des dégâts considérables.

Cela change fondamentalement la donne. Alors que le marché s’attendait à une fermeture temporaire facilement réversible après un cessez-le-feu, la crainte grandit maintenant que la reprise puisse prendre des mois, voire plus longtemps. Ras Laffan représente normalement environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en GNL. Cette capacité est désormais suspendue indéfiniment.

L’Europe particulièrement vulnérable

L’Europe est la plus touchée. La région sort d’un hiver avec des stocks de gaz relativement bas et doit acheter cet été d’importantes quantités de GNL pour reconstituer ses réserves avant le prochain hiver.

Cela devient désormais plus difficile et plus coûteux. Il y a moins de GNL disponible sur le marché mondial et la concurrence avec les acheteurs asiatiques s’intensifie. Les deux régions convoitent les mêmes stocks qui se réduisent, ce qui pousse les prix à la hausse.

Dommages également à Abou Dhabi

Le Qatar n’est pas le seul touché. À Abou Dhabi, des débris de missiles interceptés ont endommagé des installations gazières. Le site de Habshan a dû suspendre temporairement ses activités. Ces attaques montrent qu’aucune installation énergétique dans le Golfe n’est actuellement à l’abri.

Le président Trump a averti que les États-Unis réagiraient si des installations de GNL qataries étaient de nouveau attaquées. Mais pour le marché du gaz, cette menace ne change pas grand-chose. Les dégâts sont déjà faits.

Des conséquences qui pourraient durer des années

Les analystes préviennent que l’impact pourrait être durable. Même si le conflit se termine demain et que le détroit d’Ormuz est rouvert, la réparation de la capacité de production de GNL endommagée pourrait prendre des mois, voire des années. Une installation de GNL n’est pas un robinet de pétrole que l’on rouvre. C’est une infrastructure complexe qui doit être soigneusement inspectée et réparée avant que la production puisse reprendre.

Pour les consommateurs et les entreprises européens, cela signifie des factures d’énergie plus élevées, au moment même où l’économie est déjà sous pression en raison de la hausse des prix du pétrole. La crise énergétique, qui a commencé comme un problème pétrolier, est désormais aussi un problème de gaz, ce qui amplifie encore les conséquences économiques du conflit avec l’Iran.

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