Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé lundi en Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine.
Cette visite intervient alors que les négociations entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre de huit semaines sont complètement bloquées. Dans le même temps, Téhéran a présenté, par l’intermédiaire du Pakistan, une proposition intermédiaire susceptible de débloquer l’impasse.
L’Iran cherche le soutien de Poutine
Araghchi a déclaré qu’il devait se coordonner avec les responsables russes après que la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran ait perturbé les contacts bilatéraux. La synchronisation est significative. En se rendant à Moscou au milieu des négociations, l’Iran montre qu’il n’est pas isolé et que la Russie demeure un acteur clé dans toute entente.
Il reste flou ce qui est précisément proposé. Toutefois, le message adressé à Washington est clair. Si les États-Unis ne font pas de concessions, l’Iran est prêt à renforcer ses liens avec d’autres puissances.
Une proposition intermédiaire sur la table
Dans les coulisses, les enjeux semblent plus complexes qu’il n’y paraît. Selon Axios, l’Iran a laissé entendre qu’il serait disposé à rouvrir le détroit d’Ormuz, mais uniquement sous des conditions strictes. Le pays exige la levée du blocus américain sur les ports iraniens, l’établissement d’un nouveau cadre juridique pour le trafic maritime et des garanties contre de nouvelles actions militaires.
Il est notable que le dossier nucléaire soit pour l’instant mis de côté. Téhéran souhaite aborder ce sujet sensible à un stade ultérieur.
Cette approche correspond aux attentes de nombreux analystes. D’abord réduire les tensions autour d’Ormuz, puis engager les discussions plus complexes sur le programme nucléaire. Selon les estimations des États du Golfe et des dirigeants européens, ces négociations pourraient durer plusieurs mois.
Washington campe sur ses positions
La Maison-Blanche n’a pas encore réagi officiellement à la proposition iranienne. Cependant, le président Trump a confirmé samedi qu’un nouveau plan émanait de Téhéran, tout en soulignant de nouveau que le programme nucléaire devait faire partie intégrante de tout accord. Tant qu’il n’y aura pas d’entente sur ce point, le blocus restera en vigueur.
Selon un porte-parole, Washington dispose de la position de négociation la plus forte. Les États-Unis n’accepteront qu’un accord entièrement à leur avantage. L’Iran ne doit en aucun cas développer une arme nucléaire, a déclaré la source.
Les positions restent donc très éloignées. L’Iran souhaite d’abord un allègement des sanctions avant de discuter des armes nucléaires. Les États-Unis font le contraire, utilisant le dossier nucléaire comme levier pour maintenir le blocus.
Le prix du pétrole continue d’augmenter
L’impasse a un impact direct sur le marché pétrolier. Le prix du Brent a augmenté lundi de 2,4 % pour atteindre 107,84 dollars le baril. Goldman Sachs a révisé à la hausse sa prévision pour le quatrième trimestre, passant de 80 à 90 dollars le baril. La banque anticipe désormais que les exportations de pétrole du Golfe Persique ne se normaliseront qu’à la fin juin, alors qu’elle l’attendait initialement à la mi-mai.
Tant que le détroit d’Ormuz restera difficilement accessible et que les négociations seront dans l’impasse, la pression à la hausse sur le prix du pétrole perdurera. Cela se traduit par une inflation plus élevée, une incertitude accrue pour les banques centrales et un sentiment de nervosité sur les marchés financiers mondiaux.
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