Le Ghana franchit une étape significative. Le régulateur des marchés financiers a sélectionné onze entreprises pour un programme pilote autour du commerce des cryptomonnaies. Ce projet de douze mois vise à évaluer comment intégrer les cryptomonnaies de manière sécurisée dans le système financier.
Ceci est notable, car environ trois millions de Ghanéens utilisent déjà des actifs numériques, soit 17 % de la population adulte.
Cinq plateformes d’échange et six projets de tokenisation
Les onze entreprises sélectionnées sont réparties en deux groupes. Cinq se concentrent sur l’exploitation de plateformes d’échange de cryptomonnaies : Hyro Exchange, Hanypay, HSB Global, Koinkoin et WhiteBit.
Les six autres travaillent sur la tokenisation. Vaulta, XChain et Bsystem se focalisent sur la conversion des actifs traditionnels en tokens numériques pour faciliter leur échange. Africoin souhaite digitaliser l’or via des tokens. Blu Penguin développe des systèmes de paiement tokenisés. Et GoldBod servira de dépositaire pour des actifs adossés à l’or.
Après six mois, les régulateurs évalueront quelles entreprises sont prêtes pour une licence complète.
Trois millions d’utilisateurs poussent le gouvernement à agir
Ce test n’est pas apparu par hasard. Les cryptomonnaies se développent au Ghana plus rapidement que la réglementation ne peut suivre. Avec trois millions d’utilisateurs sur une population adulte d’environ dix-huit millions, l’adoption est remarquablement élevée.
Cela comporte des risques. L’utilisation à grande échelle des cryptomonnaies peut influencer la gestion de la monnaie nationale et même les statistiques économiques. En décembre, le parlement a donc adopté une nouvelle loi posant les bases de la régulation des cryptomonnaies. Le gouverneur de la banque centrale, Johnson Asiama, a souligné que les nouvelles technologies financières doivent opérer dans des cadres clairs.
Enjeux plus larges
Le Ghana n’est pas le seul pays africain à tenter de réguler les cryptomonnaies plutôt que de les interdire. Le continent, avec sa population jeune, un accès limité aux services bancaires traditionnels et une inflation élevée dans plusieurs pays, trouve dans les cryptomonnaies une alternative attractive.
L’approche ghanéenne d’un programme pilote contrôlé avec une voie vers des licences complètes peut servir d’exemple pour d’autres pays de la région. Si le pilote réussit, onze entreprises recevront le feu vert pour servir un marché de trois millions d’utilisateurs dans un cadre réglementé.
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