Vladimir Poutine tente de contenir le mécontentement croissant en Russie. Pour la première fois depuis près de vingt ans, le président russe s’associe clairement au parti au pouvoir, Russie unie.
En temps normal, Poutine préfère se tenir au-dessus des affrontements partisans. Les Russes peuvent alors s’en prendre aux ministres, aux gouverneurs ou à Russie unie, tandis que le président reste à l’écart des critiques.
Mais à l’approche des élections législatives de septembre, le Kremlin opte désormais pour une autre stratégie. Russie unie se présente ouvertement comme « le parti du président ». Poutine se retrouve ainsi davantage lié à une formation dont la popularité ne cesse pourtant de s’éroder.
La guerre se fait de plus en plus sentir en Russie
La guerre en Ukraine touche la Russie de manière de plus en plus directe. Des drones ukrainiens frappent des cibles jusqu’à Moscou et Saint-Pétersbourg. Dans le même temps, certaines régions du pays sont confrontées à des rationnements de carburant et à des perturbations d’Internet.
Cette situation pèse sur l’opinion intérieure. Selon un sondage de l’institut FOM, proche du Kremlin, la confiance envers Poutine est tombée à 69 %. Il s’agit de son plus bas niveau depuis le début de la guerre en 2022.
Vu d’Occident, ce niveau reste élevé. Mais dans le système russe, la tendance compte davantage que le chiffre absolu. Le soutien s’effrite.
Poutine refuse toute concession
Poutine a récemment reconnu que la campagne de drones ukrainiens causait des « problèmes » à la Russie. Il semblait ainsi vouloir montrer qu’il entendait les inquiétudes de la population. Mais sur le fond, rien ne change vraiment.
Selon des analystes, Poutine reste déterminé à ne mettre fin à la guerre qu’à des conditions inacceptables pour l’Ukraine. Il a également rejeté une proposition visant à suspendre temporairement les frappes à longue portée dans le cadre d’un cessez-le-feu limité.
Tout indique qu’il préfère poursuivre l’offensive plutôt que de risquer de perdre la face.
Russie unie encaisse les critiques
Le mécontentement vise traditionnellement surtout Russie unie. Le parti est crédité d’environ 35 % dans les sondages et apparaît comme responsable de mesures impopulaires. Fait notable, certains de ses membres tentent désormais de prendre leurs distances avec des règles qu’ils avaient eux-mêmes soutenues auparavant. C’est le cas des restrictions visant les jeux vidéo, l’art, la régulation de l’IA et d’autres formes de contrôle.
Ce revirement trahit une nervosité à l’approche du scrutin. Même si la Russie ne connaît pas d’élections libres comme dans les pays démocratiques, les votes restent un baromètre du mécontentement. Le Kremlin ne veut laisser apparaître aucun signe de faiblesse.
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