La justice américaine a mis fin aujourd’hui à l’enquête criminelle concernant le président de la Fed, Jerome Powell. Cela élimine le principal obstacle à la nomination de son successeur Kevin Warsh, qui doit prendre les rênes de la banque centrale américaine le 15 mai.
La procureure se retire
Jeanine Pirro, procureure en chef à Washington D.C., a annoncé la nouvelle sur X. Il y a à peine deux jours, elle affirmait que l’enquête se poursuivrait, mais aujourd’hui, le ton a changé.
« J’ai donné instruction à mon bureau de clore notre enquête tandis que l’IG s’en charge » a-t-elle écrit. Elle a ajouté qu’elle « n’hésiterait pas à rouvrir une enquête criminelle si les faits le justifient ».
L’affaire est confiée à l’inspecteur général de la Fed, un contrôleur interne.
Ce dernier va examiner les dépassements de coûts de la rénovation du siège de la Fed à Washington. Ce qui a commencé comme la rénovation de deux bâtiments historiques a atteint un coût de 2,5 milliards de dollars, dépassant de près de 80 % le budget initial.
La raison officielle de l’enquête criminelle était le témoignage de Powell devant le Congrès américain l’été dernier. Les procureurs voulaient savoir s’il avait menti sur les dépassements de coûts lors de cette audition.
Powell avait rendu l’enquête publique en janvier via une vidéo, la qualifiant de tentative de l’administration Trump d’exercer une pression politique sur la politique monétaire.
La base juridique était également ébranlée. Le juge James Boasberg a rejeté en mars les convocations de Pirro, écrivant que la procureure « n’avait fourni aucune preuve que Powell avait commis un autre crime que celui de déplaire au président ». L’IG avait déjà examiné deux fois les coûts de construction sans trouver d’irrégularités.
Feu vert pour Kevin Warsh
Avec l’enquête écartée, la nomination de Warsh s’accélère. Le sénateur Thom Tillis avait bloqué le vote tant que l’affaire était en cours, et ce blocage est maintenant levé. La commission sénatoriale des affaires bancaires peut s’attendre à voter sur la nomination à partir de la mi-mai.
Mardi, le candidat de Trump s’est présenté devant la commission sénatoriale des affaires bancaires, où l’indépendance de la Fed a été le principal sujet de discussion.
Les sénateurs républicains se sont satisfaits de ses engagements, mais les démocrates sont restés critiques. La sénatrice Elizabeth Warren a même qualifié Warsh de « marionnette » du président. D’autres points de discorde concernaient sa déclaration financière incomplète, son rôle durant la crise financière de 2008 et ses déclarations antérieures selon lesquelles les taux d’intérêt sont restés trop bas trop longtemps.
Cette dernière remarque suscite la méfiance de certains analystes. Warsh est réputé strict sur la politique des taux et l’inflation, mais il estime que les gains de productivité grâce à l’intelligence artificielle pourraient justifier des taux plus bas.
L’audience a également donné un premier aperçu de la manière dont Warsh souhaite réformer la banque centrale. Il souhaite revenir aux fondamentaux : stabilité des prix et emploi maximal. Selon lui, la Fed s’est trop éloignée en s’orientant vers des sujets politiques et climatiques.
Il veut également resserrer l’objectif d’inflation et abandonner l’habitude de laisser entendre des futures décisions sur les taux.
Le mandat de Powell se termine officiellement le 15 mai. Il a déjà indiqué qu’il resterait en poste jusqu’à ce que Warsh soit confirmé.
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