La France et cinq autres grandes économies cherchent à stabiliser le marché de l’énergie en garantissant le passage sûr par le détroit d’Ormuz. Ce que cela implique concrètement reste encore flou.
L’appel intervient alors que les prix du pétrole et du gaz connaissent une nouvelle flambée et que les marchés financiers mondiaux sont en difficulté.
Déclarations fortes, engagements timides
Ceci ressort d’une déclaration conjointe du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas et du Japon. Les six pays condamnent fermement les actions iraniennes.
Ils appellent l’Iran à « cesser immédiatement de poser des mines, de lancer des attaques par drones et missiles et de tenter de bloquer le passage de la navigation commerciale ».
Les pays qualifient la perturbation du transport maritime international et des chaînes énergétiques de « menace pour la paix et la sécurité internationales ». Ils exigent un moratoire total sur les attaques contre les infrastructures civiles, y compris les installations pétrolières et gazières.
Cependant, cela reste au niveau des déclarations. Le communiqué évoque une « volonté de contribuer à des efforts appropriés », mais ce que cela signifie concrètement n’est pas précisé. Aucune mission militaire n’est pour l’instant envisagée.
Marchés énergétiques en chute libre
Le détroit d’Ormuz, le passage étroit entre l’Iran et Oman où transite normalement un cinquième de tout le pétrole mondial, est quasiment à l’arrêt depuis des semaines. L’Iran a en effet fermé le détroit en représailles aux attaques américaines et israéliennes commencées le 28 février.
Aujourd’hui, le conflit a encore escaladé. Des missiles iraniens ont touché les installations gazières de Ras Laffan au Qatar, responsables d’environ un cinquième de la production mondiale de gaz liquéfié (GNL). La société d’État QatarEnergy fait état de « dommages considérables ». Des raffineries au Koweït et une installation gazière aux Émirats arabes unis ont également été touchées.
Le prix du pétrole a de nouveau bondi à 113 dollars le baril. Les prix du gaz en Europe ont augmenté de 25 % et ont déjà grimpé de plus de 60 % depuis le début du conflit. Les bourses européennes ont chuté de jusqu’à 2,5 %.
Le coût élevé de l’énergie rogne les bénéfices des entreprises et attise la peur d’une stagflation, un mélange toxique de forte inflation et de ralentissement de la croissance économique.
Les six pays saluent la décision de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de libérer des réserves stratégiques de pétrole et promettent de travailler avec les pays producteurs pour augmenter la production.
Trump insiste, l’Europe hésite
La déclaration fait suite à des jours de pression de Washington. Le président Donald Trump a pressé en début de semaine ses alliés de contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz et a averti que l’OTAN fait face à un « avenir très sombre » si cela n’est pas fait.
Jusqu’à présent, il a essuyé un refus. Le chancelier allemand Merz a déclaré sans détour : « Les États-Unis et Israël ne nous ont pas consultés avant cette guerre. »
Le Premier ministre britannique Starmer a affirmé que le Royaume-Uni « ne se laisserait pas entraîner dans la guerre ». La déclaration conjointe d’aujourd’hui semble être une tentative prudente d’ouverture sans qu’aucun ne s’engage sur une contribution militaire concrète.
Parallèlement, Trump envisage d’envoyer lui-même des milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient, rapporte Reuters. Ils pourraient être utilisés pour restaurer la navigation dans le détroit.
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