Stablecoins gagnent en popularité. Selon Olaf Sleijpen, membre du directoire de De Nederlandsche Bank (DNB), cela a aussi son revers. En cas de panique, de grandes monnaies numériques comme USDT et USDC peuvent provoquer de l’instabilité, y compris en Europe. La pression monte donc pour proposer une alternative européenne.
Les stablecoins représentent un risque pour l’Europe
Dans un récent entretien avec le Financial Times, le membre du directoire de la DNB Olaf Sleijpen avertit que les stablecoins, en particulier les grandes variantes adossées au dollar comme USDT et USDC, se transforment rapidement en une menace potentielle pour le système financier européen. Selon lui, ces monnaies représentent un risque indirect pour la stabilité monétaire de la zone euro.
Sleijpen estime que, lorsque le marché panique et que la valeur des stablecoins est sous pression, les émetteurs peuvent être contraints de vendre massivement leurs réserves. De telles vagues de ventes soudaines peuvent créer des tensions sur les marchés financiers, ce qui pourrait aussi toucher l’Europe.
Les émetteurs de stablecoins promettent que leurs jetons sont toujours échangeables à parité, 1 pour 1, contre de vrais dollars. Pour tenir cette promesse, ils détiennent d’importantes réserves, dont une part significative en obligations d’État. Si les investisseurs sortent massivement des stablecoins, la vente de ces actifs sous-jacents, comme les obligations d’État, peut provoquer un choc sur les marchés de capitaux, avec des répercussions pour l’économie.
L’Europe prépare sa réponse
L’inquiétude grandit, car le marché total des stablecoins atteint désormais environ 313 milliards de dollars. À eux deux, USDT et USDC pèsent déjà plus de 82 % de ce montant. Selon le département américain du Trésor, ce n’est qu’un début : le marché pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars d’ici 2028.
Le marché des stablecoins reste dominé par le dollar. Plus de 99 % de tous les stablecoins sont indexés sur la devise américaine. De plus en plus de responsables politiques européens plaident donc pour un équivalent en euros. Sous la houlette d’ING, neuf grandes banques travaillent déjà à leur propre stablecoin en euro, qui doit être lancé en 2026. Cette monnaie respectera la réglementation MiCA et est développée aux Pays-Bas, sous la supervision de De Nederlandsche Bank.
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