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La Banque centrale européenne (BCE) s’apprête à relever ses taux pour la première fois depuis 2023. Selon les économistes, la banque centrale ne peut plus ignorer l’inflation croissante, alimentée par la guerre persistante avec l’Iran et les prix élevés de l’énergie. La décision sur les taux sera annoncée cet après-midi à 14h15. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, donnera des explications une demi-heure plus tard.

Alors que le conflit dure depuis plus de trois mois et que les prix du pétrole restent obstinément élevés, les économistes interrogés par Bloomberg s’attendent à une hausse des taux de 0,25 point de pourcentage. Cela porterait le taux de dépôt à 2,25 %. Si la BCE décide effectivement de relever ses taux, elle deviendrait la première grande banque centrale à le faire en réponse directe aux conséquences économiques du conflit.

Ne plus attendre

À l’instar de leurs homologues aux États-Unis et au Royaume-Uni, les décideurs de la zone euro ont longtemps attendu, espérant que la vague d’inflation serait passagère. Mais avec les négociations de paix qui progressent à peine et des signes de hausse des prix au-delà de l’énergie, il devient de plus en plus probable que la BCE doive resserrer sa politique plus d’une fois cette année.

L’inflation a atteint 3,2 % en mai, et les nouvelles prévisions trimestrielles devraient indiquer une accélération. Les analystes s’attendent à des ajustements à la hausse pour cette année et l’année prochaine, ainsi qu’une pression sous-jacente sur les prix que la banque suit de près.

Un exercice d’équilibre délicat

En revanche, la croissance économique, déjà faible, semble se ralentir davantage. Les enquêtes de mai ont montré un recul de l’activité, soulevant la question de savoir jusqu’où les taux peuvent être augmentés sans provoquer de récession.

« La BCE lutte clairement avec cet équilibre, face à la réalité de l’inflation croissante », a déclaré Emma Moriarty de CG Asset Management à Bloomberg Television. « La crise au Moyen-Orient et ses conséquences sur les marchés de l’énergie semblent maintenant durer bien plus longtemps que ce qu’ils auraient pu prévoir. »

Lagarde devra expliquer cet exercice d’équilibre lors de sa conférence de presse. Les investisseurs s’attendent à ce que la BCE procède à au moins une autre hausse cette année, portant les taux vers le haut de ce qui est considéré comme un niveau neutre pour l’économie.

La BCE garde ses cartes près de la poitrine

Bien que la hausse des taux d’aujourd’hui ait été largement préparée, il reste incertain comment la politique évoluera par la suite. Même les membres plus prudents de la BCE semblent soutenir cette décision. Le banquier central lituanien Gediminas Šimkus a été l’un des rares à s’exprimer sur la période à venir. Selon lui, une nouvelle hausse des taux cette année est « plus probable qu’improbable ».

Cependant, il est peu probable que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, apporte beaucoup de clarté sur la suite. Elle soulignera probablement une nouvelle fois que les décisions futures dépendront des données économiques et des évolutions de l’inflation. Elle voudra également éviter de donner l’impression que la lutte contre l’inflation est déjà gagnée. Par conséquent, il est probable que Lagarde adopte un ton prudent et vigilant.

Nouvelles prévisions et nouveaux visages

Les nouvelles projections devraient comporter des ajustements significatifs. Les analystes s’attendent à ce que la BCE revoie à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2026 et 2027, tout en abaissant ses prévisions de croissance. Cela est en partie dû aux prix du pétrole, qui devraient désormais rester élevés plus longtemps qu’au début de la guerre avec l’Iran.

La contraction de 0,2 % au premier trimestre a été bien plus mauvaise que ce que la BCE avait estimé en mars, bien que ce chiffre ne soit arrivé que le 5 juin, peut-être trop tard pour être pris en compte dans les nouvelles prévisions. Comme précédemment, la BCE pourrait également présenter des scénarios alternatifs au cas où les coûts de l’énergie seraient plus élevés que dans le scénario de base.

Lagarde tiendra sa conférence de presse avec un nouveau numéro deux. Le Croate Boris Vujcic est devenu ce mois-ci vice-président de la BCE, succédant à Luis de Guindos. De nouveaux membres ont également rejoint le conseil d’administration, dont le nouveau président de la Banque de France Emmanuel Moulin.

La question de savoir si la BCE relèvera effectivement ses taux aujourd’hui, et surtout quel ton Lagarde adoptera pour les mois à venir, sera clarifiée cet après-midi. Pour les marchés, déjà nerveux cette semaine en raison des préoccupations inflationnistes, de la guerre avec l’Iran et de la pression sur les actions technologiques, cela pourrait constituer un moment décisif.

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