La frénésie autour de l’IA ne semble pas près de retomber. Selon Jamie Dimon, patron de JPMorgan Chase, les investissements des grands fournisseurs de cloud et de leur écosystème pourraient atteindre environ 1 000 milliards de dollars l’an prochain.

Ce serait une nouvelle envolée spectaculaire. L’an dernier, ce montant s’élevait encore à environ 300 milliards de dollars, selon Dimon. Cette année, il devrait approcher 700 milliards. En deux ans, les investissements feraient ainsi plus que tripler.

L’IA donne un sérieux coup d’accélérateur à l’économie

Jamie Dimon estime que cette vague d’investissements pourrait ajouter chaque année environ 1 point de pourcentage à la croissance économique.

Les entreprises recrutent en effet simultanément du personnel, construisent des centres de données, développent des centrales électriques et achètent d’immenses volumes de puces, de machines et de matériaux.

L’ampleur de l’impact économique de l’IA apparaît ainsi de plus en plus nettement. En contrepartie, ces investissements peuvent aussi accentuer la pression sur les prix. Une demande accrue de main-d’œuvre, d’électricité, de matières premières et de capitaux se traduit en effet par des tensions inflationnistes supplémentaires.

Dimon estime donc que l’IA pourrait, à court terme, avoir un effet inflationniste. À plus long terme, la tendance pourrait s’inverser. Si l’intelligence artificielle rend les salariés plus productifs et permet aux entreprises de fonctionner plus efficacement, les coûts pourraient au final diminuer.

Tous les investissements n’ont pas à être rentables immédiatement

La manière dont Dimon envisage le rendement des investissements dans l’IA est également intéressante. Selon lui, chaque dépense n’a pas nécessairement vocation à produire un retour financier immédiat et clairement mesurable. Il faut parfois investir simplement pour rester compétitif.

Une banque peut ainsi difficilement décider d’ignorer largement l’IA au motif que son rendement n’est pas encore précisément quantifiable. Un meilleur service client, des processus plus efficaces et des analyses plus rapides ont une valeur réelle, même si celle-ci ne se lit pas directement dans une feuille de calcul.

Cela explique peut-être pourquoi les entreprises continuent d’investir massivement. Personne ne veut prendre le risque de manquer la prochaine révolution technologique.

Des taux plus élevés pourraient s’installer dans la durée

Le revers de la médaille tient, une fois encore, à l’énorme demande de capitaux. L’IA n’est pas la seule à mobiliser des centaines de milliards de dollars. Les États, les projets d’infrastructures et la défense ont eux aussi des besoins de financement croissants. Selon Dimon, cette combinaison pourrait contribuer à maintenir des rendements obligataires structurellement plus élevés.

Cette analyse rejoint ce que l’on observe actuellement sur les marchés. Le rendement du Treasury américain à 10 ans continue d’évoluer près de 5 %, malgré la récente hausse des taux de la Réserve fédérale.

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