Intel a surpris les investisseurs avec des résultats trimestriels nettement supérieurs aux attentes. Le fabricant américain de semi-conducteurs profite pleinement de la vague mondiale d’investissements dans l’intelligence artificielle. La demande de processeurs pour centres de données progresse si vite qu’Intel ne parvient pas, pour l’heure, à produire suffisamment de puces.
Ces résultats redonnent du crédit au redressement du groupe. Intel avait perdu du terrain ces dernières années face à des concurrents comme Nvidia et AMD, mais signe désormais sa plus forte croissance du chiffre d’affaires depuis près de quinze ans. Les prévisions pour le trimestre en cours dépassent elles aussi largement les estimations des analystes.
Le chiffre d’affaires d’Intel progresse à son rythme le plus élevé depuis 2011
Intel a réalisé au deuxième trimestre un chiffre d’affaires de 16,1 milliards de dollars, soit une hausse de plus de 25 % sur un an. Les analystes tablaient en moyenne sur environ 14,4 milliards de dollars.
Le bénéfice a lui aussi largement dépassé les attentes. Le bénéfice ajusté ressort à 42 cents par action, contre seulement 21 cents anticipés par les analystes.

Selon le directeur général d’Intel, Lip-Bu Tan, l’intelligence artificielle est le principal moteur de cette forte croissance. Les entreprises investissent massivement dans les centres de données afin de faire fonctionner des applications d’IA toujours plus complexes.
Dans un communiqué, Tan a souligné que l’IA entraînait une demande sans précédent de puissance de calcul. Selon lui, Intel est bien placé pour bénéficier à long terme de la hausse de la demande en processeurs centraux.
Ces résultats ont fait progresser l’action Intel de plusieurs pour cent dans les échanges après la clôture de Wall Street. Le titre affiche déjà une hausse de plus de 170 % depuis le début de l’année, malgré un repli d’environ 28 % en juillet.
Les centres de données dédiés à l’IA dopent la demande de processeurs Intel
La plus forte progression est venue de la division centres de données et IA. Son chiffre d’affaires a bondi de 59 %, à 6,3 milliards de dollars. Cette activité a ainsi crû plus de deux fois plus vite que l’ensemble du groupe.
Intel vend principalement des processeurs centraux, ou CPU. Ces puces constituent le cerveau général des ordinateurs et des serveurs. Nvidia domine le marché des puces spécialisées pour l’IA, mais les centres de données ont également besoin, en parallèle, de grandes quantités de CPU.
L’essor des systèmes d’IA dits autonomes joue en faveur d’Intel. Ces systèmes peuvent exécuter des tâches de manière indépendante, comme programmer, analyser des informations ou traiter des opérations administratives. Leur fonctionnement exige une puissance de calcul supplémentaire considérable.
Le directeur financier David Zinsner a indiqué que les clients commandent actuellement davantage de puces qu’Intel ne peut en fournir. Le groupe a déjà conclu dix accords de long terme avec des clients. Certains contrats prévoient des engagements à la fois sur les prix et sur les volumes.
Lors d’un échange avec les analystes, Zinsner a indiqué que les clients continuaient de faire état d’un environnement d’investissement solide et durable.
Intel anticipe pour le troisième trimestre un chiffre d’affaires compris entre 15,8 et 16,8 milliards de dollars. Les analystes tablaient auparavant sur environ 15,1 milliards. Le bénéfice ajusté attendu s’élève à 38 cents par action, contre un consensus de marché de 27 cents.
Intel augmente ses investissements dans ses propres usines de puces
Outre la forte progression des ventes de puces pour centres de données, Intel observe également des avancées dans son activité de fonderie. Cette division fabrique des puces dans ses propres usines et doit, à terme, produire aussi pour d’autres entreprises technologiques.
Le chiffre d’affaires de cette activité de fonderie a augmenté de 31 %, à environ 5,8 milliards de dollars. La majeure partie provient encore d’autres divisions d’Intel. Les investisseurs attendent donc l’arrivée de grands clients externes.
Intel a décidé de poursuivre la production à grande échelle avec sa nouvelle technologie 14A. Le fabricant de puces veut déployer massivement cette méthode de production à partir de 2028.
Tan a indiqué qu’un nombre croissant de clients potentiels manifestaient leur intérêt. Il se dit ainsi de plus en plus convaincu que la technologie 14A peut devenir une technologie de production compétitive.
Intel avait auparavant averti que le projet pourrait être abandonné si aucun grand client externe n’était trouvé. Un tel scénario constituerait également un revers pour le gouvernement américain, qui souhaite relocaliser la production de puces avancées sur son territoire.
Le groupe relève donc son budget d’investissement pour cette année, de 18 à 20 milliards de dollars. Pour l’an prochain, Intel prévoit à nouveau une nette augmentation. Une grande partie des fonds sera consacrée aux machines et équipements destinés aux usines de semi-conducteurs.
La marge bénéficiaire s’est également fortement améliorée. La marge brute ajustée ressort à environ 42 %. Un an plus tôt, elle n’était que de 2,5 %. Intel a bénéficié d’une production plus élevée, de meilleurs prix et de ventes accrues de processeurs plus coûteux.
La division ordinateurs et PC portables reste pour l’instant la principale activité du groupe. Son chiffre d’affaires a progressé de 13 %, à 8,9 milliards de dollars. Intel prévoit peu de croissance sur le marché des PC au troisième trimestre, notamment en raison de pénuries de puces mémoire.
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