Cette semaine, l’IA occupe de nouveau le devant de la scène, mais il n’est pas question, cette fois, de nouveaux modèles ni de milliards d’investissements. Le roi Charles III reçoit des dirigeants de Nvidia, OpenAI, Anthropic et Google DeepMind pour discuter de l’avenir de cette technologie. Au cœur des échanges : la nécessité éventuelle de définir des principes communs pour poursuivre le développement de l’IA en toute sécurité. Le ministre britannique chargé de l’IA participera également à la réunion.

Avec cette rencontre, Charles III s’invite dans un débat de plus en plus vif au sein du secteur. Ces derniers jours, le patron d’OpenAI Sam Altman, Elon Musk et le directeur général d’Anthropic Dario Amodei ont tous appelé à davantage de prudence dans le développement des modèles d’IA les plus puissants.

Charles III veut réunir les grands acteurs de l’IA autour de la table

Selon des porte-parole de Buckingham Palace, les discussions porteront sur la manière dont l’IA peut servir la société sans perdre de vue la dignité humaine. Les participants examineront aussi l’opportunité, pour les entreprises, d’adopter des principes communs afin de poursuivre le développement de cette technologie de façon sûre.

Le calendrier n’a rien d’anodin. Ce week-end, Dario Amodei a explicitement appelé à ralentir le développement des modèles les plus puissants. La semaine dernière, Anthropic avait en outre indiqué que ses modèles Claude avaient déjà été utilisés notamment pour des cyberopérations, des fraudes, de la surveillance et des activités liées aux armes.

Le Royaume-Uni tente, dans ce domaine, de suivre une voie médiane. Le pays encadre l’IA de manière moins stricte que l’Union européenne, mais il dispose depuis 2023 d’un AI Security Institute. Cet organisme a accès à certains nouveaux modèles avant leur lancement afin d’en évaluer les risques potentiels.

Trump veut au contraire accélérer

Des accords à l’échelle mondiale semblent, pour l’heure, difficiles à obtenir. Dimanche, le président Donald Trump a rejeté les appels au ralentissement. Selon lui, freiner le développement de l’IA offrirait surtout à la Chine l’occasion de dépasser les États-Unis.

À cela s’ajoute une incitation financière considérable. Les entreprises d’IA lèvent des milliards et atteignent des valorisations qui ne se justifient que si la technologie continue de progresser rapidement. Cette situation crée une contradiction difficile à assumer. Les mêmes sociétés qui promettent aux investisseurs une croissance spectaculaire demandent dans le même temps davantage de temps pour garantir la sécurité de leurs technologies.

Charles III ne peut pas résoudre cette contradiction à lui seul, mais sa réunion illustre l’ampleur prise par le débat sur l’IA. Ce qui avait commencé comme une discussion entre chercheurs et entreprises technologiques se retrouve désormais jusque sur la table de Buckingham Palace.

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