L’action Nvidia était sous pression lundi lors des échanges précédant l’ouverture des marchés, avec une baisse de plus de 1 %. Cette chute s’inscrit dans un contexte d’incertitude plus large autour des actions technologiques, mais les investisseurs examinent surtout de manière critique le récent accord de Nvidia avec la startup d’IA Groq.
Cet accord, dans lequel Nvidia obtient une licence sur la technologie de Groq et embauche du personnel, évaluerait implicitement Groq à environ 20 milliards de dollars, un montant qui suscite des questions à Wall Street.
En quoi consiste l’accord avec Groq ?
Nvidia a acquis une licence non exclusive sur la technologie de Groq et embauche, selon des rapports de CNBC et The Information, plusieurs figures clés de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’une acquisition complète, mais bien d’un approfondissement stratégique de l’offre d’IA de Nvidia.
Groq est spécialisé dans les puces pour l’inférence en intelligence artificielle, la génération de résultats par des modèles entraînés, et développe des unités de traitement du langage (LPU). En septembre, Groq était encore évalué à 6,9 milliards de dollars lors d’une levée de fonds de 750 millions de dollars.
Pourquoi les investisseurs sont surpris par le prix
Les analystes sont partagés sur l’évaluation rapportée de 20 milliards de dollars. Chez D.A. Davidson, l’analyste Alex Platt souligne que les puces actuelles de Groq sont limitées par leur capacité mémoire relativement petite, ce qui les rendraient inadaptées à une grande partie des charges de travail d’inférence. Sa question principale : pourquoi Nvidia ne recherche-t-elle pas de « meilleurs atouts » sur le même marché ?
Chez Truist Securities, la surprise est également présente. L’analyste William Stein note que le chiffre d’affaires estimé de Groq varie de seulement 90 millions à 500 millions de dollars. En termes absolus et relatifs, le prix est donc considérable.
Pourquoi Nvidia peut se le permettre
En même temps, les analystes estiment que l’accord est financièrement gérable pour Nvidia. Le montant est inférieur à la moitié de la position nette de trésorerie de Nvidia et inférieur au flux de trésorerie libre attendu pour un trimestre.
Plus important encore est le contexte stratégique. Nvidia est sous pression croissante dans le segment de l’inférence, où de grands clients examinent de plus en plus la latence, la consommation d’énergie et l’évolutivité. De plus, Google, avec ses unités de traitement Tensor (TPU), constitue un concurrent sérieux.
Stein souligne que la direction de Groq provient du programme TPU de Google. Cela rend plausible que l’architecture LPU soit très similaire aux TPU, connus pour leur efficacité à grande échelle en matière d’inférence. En développant davantage cette technologie, Nvidia peut rendre son offre plus attrayante pour les clients souhaitant déployer l’inférence à grande échelle.
La réaction des cours chez Nvidia n’était pas isolée. Advanced Micro Devices et Broadcom ont également enregistré de légères pertes lors des échanges avant l’ouverture. Les futures du Nasdaq 100 ont chuté d’environ 0,4 %, ce qui indique une nervosité plus large dans le monde de la technologie.
Alphabet publie ses résultats ce soir : Google peut-il sauver le rally de l’IA ?
La maison mère de Google présente aujourd’hui ses résultats trimestriels. Voici les points que les investisseurs surveilleront de près.
Point marché : Wall Street retient son souffle avant les résultats d’Alphabet et Tesla
Wall Street attend aujourd’hui une série de résultats trimestriels majeurs, Samsung va investir dans la société européenne Mistral et le pétrole retrouve les 90 dollars.
Trump refroidit les espoirs de paix avec l’Iran : le pétrole poursuit sa flambée
Les États-Unis et l’Iran se frappent à nouveau, et le pétrole grimpe de 20 %. Pourquoi le détroit d’Ormuz reste le principal risque pour le marché.
Le plus lu
Palantir profite de Trump, mais en paie désormais le prix
Palantir est de plus en plus lié à l’administration Trump. Un risque si la Maison-Blanche change de camp demain ?
VanEck voit une fenêtre majeure pour le Bitcoin : « Mieux vaut être positionné avant octobre 2026 »
Le géant VanEck, par la voix de Matthew Sigel, prévoit que le bitcoin retrouvera tout simplement un plus haut historique en 2028.
Un géant de la gestion revendique une première avec un fonds actif mêlant Bitcoin, Ethereum et XRP
T. Rowe réunit Bitcoin, Ethereum, XRP et Solana dans un même ETF à gestion active. Quel est l’intérêt ?