Une attaque de drones ukrainiens a provoqué un incendie dans la grande raffinerie de Kirishi, près de Saint-Pétersbourg. Elle intervient à un moment sensible : le site s’apprêtait à redémarrer sa production après plusieurs mois de réparations.

La pression sur l’industrie pétrolière russe continue parallèlement de s’intensifier. L’Ukraine a déjà frappé plus de vingt raffineries ce mois-ci, un record depuis le début de la guerre. Les effets se font désormais sentir dans les stations-service russes, tandis que Moscou menace de riposter par des attaques de grande ampleur contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

La raffinerie était sur le point de redémarrer

Selon le gouverneur Alexander Drozdenko, la défense antiaérienne russe a abattu dimanche 62 drones au-dessus de la région de Leningrad. L’un des appareils interceptés est tombé à proximité de la raffinerie et a provoqué un incendie. Le feu a depuis été maîtrisé et aucune victime n’est à déplorer, d’après le gouverneur.

La raffinerie, située à environ 1 000 kilomètres au nord de Kyiv, peut traiter près de 400 000 barils de pétrole par jour. Le site produit principalement du diesel, de l’essence et du fioul, dont une part importante est destinée à l’exportation.

Kirishi avait déjà été visée en mars et en mai. Des travaux de remise en état étaient menés depuis pour réparer les dégâts, et la production devait reprendre ce mois-ci. Cette nouvelle attaque pourrait à nouveau compliquer ce redémarrage.

Les pénuries de carburant s’aggravent en Russie

L’attaque s’inscrit dans une campagne plus large menée par l’Ukraine contre l’industrie pétrolière russe. En août, plus de vingt raffineries ont été visées, soit le nombre le plus élevé enregistré en un mois depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

Les dégâts commencent à peser de manière de plus en plus visible sur l’approvisionnement en carburant en Russie. Des pénuries d’essence sont apparues dans plusieurs régions. Moscou a donc prolongé samedi l’interdiction d’exporter du diesel afin de conserver davantage de carburant pour son marché intérieur.

Par ces frappes, Kyiv cherche non seulement à perturber l’approvisionnement en carburant, mais aussi à toucher une source majeure de revenus pour la Russie.

La Russie menace de lancer des attaques massives

Moscou a averti dimanche qu’elle préparait des « attaques massives » contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Selon le ministère russe de la Défense, il s’agirait de représailles aux récentes frappes ukrainiennes.

Cette menace intervient à un moment particulièrement sensible, à l’approche de l’hiver. Lors des hivers précédents, la Russie avait déjà ciblé des centrales électriques et d’autres infrastructures énergétiques en Ukraine, privant des millions de personnes d’électricité et de chauffage pendant certaines périodes.

Les attaques se sont poursuivies des deux côtés dans la nuit. La Russie affirme avoir intercepté 494 drones ukrainiens. Dans le même temps, l’Ukraine a indiqué que la Russie avait tiré deux missiles balistiques Iskander-M ainsi que 130 drones et autres appareils sans pilote. Selon Kyiv, 125 d’entre eux ont été interceptés.

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