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Les États-Unis veulent contraindre les Pays-Bas à bloquer les dernières livraisons de machines de lithographie d’ASML à la Chine. En cas de refus de La Haye, des sanctions seraient prêtes.

Si la loi n’a pas encore été adoptée, ce n’est pas en raison d’une opposition néerlandaise. Le blocage tient à un différend américain autour de la guerre en Iran.

La crainte américaine au cœur de l’interdiction

Cette pression répond à une préoccupation centrale : voir des fabricants chinois de semi-conducteurs utiliser la technologie néerlandaise pour renforcer l’armée chinoise et l’industrie nationale de l’IA. Washington veut fermer cette voie avant que la Chine ne parvienne à s’en affranchir.

Le texte, baptisé Match Act, donne aux alliés 150 jours pour s’aligner sur la politique américaine de contrôle des exportations.

À défaut, les États-Unis pourraient appliquer la Foreign Direct Product Rule, une règle qui vise tout produit fabriqué à partir de technologies américaines.

ASML ne serait alors plus autorisé à expédier vers la Chine des scanners d’immersion DUV, ces machines qui gravent les motifs des puces à l’aide de lumière ultraviolette profonde.

L’entretien des systèmes déjà installés chez SMIC, Huawei, Hua Hong, CXMT et YMTC serait également concerné par l’interdiction. Sans maintenance, ce type de machine finit par s’arrêter dans un délai relativement court.

Le chiffre d’affaires chinois d’ASML menacé

La Chine devrait rapporter cette année entre 8,6 et 9 milliards d’euros à ASML, soit environ 20 % du chiffre d’affaires attendu, compris entre 43 et 45 milliards d’euros.

Cela représente plus de 170 millions d’euros par semaine. Ce flux de revenus pourrait se tarir presque d’un seul coup.

S’aligner ne relève d’ailleurs pas d’un choix totalement libre. ASML dépend lui-même de fournisseurs américains, et de précédentes menaces visant à perturber cette chaîne avaient déjà conduit La Haye à durcir ses règles.

Le lobbying de La Haye a peu de chances d’aboutir, le texte est à l’arrêt

Le ministre du Commerce extérieur, Sjoerd Sjoerdsma, mène campagne à Washington contre le projet. « Il serait très regrettable que notre sécurité nationale puisse ainsi se retrouver entre les mains des États-Unis », déclarait-il en juin.

Cette opposition a toutefois peu de chances de l’emporter, le texte bénéficiant du soutien conjoint des républicains et des démocrates. Le frein se situe ailleurs : le budget de la défense auquel est adossé le Match Act a été bloqué le 14 juillet au Sénat, les démocrates protestant contre la guerre en Iran.

La sensibilité du dossier est apparue fin juillet, lorsque ASML et Besi ont chuté de près de 10 % après des informations faisant état d’une percée chinoise dans le DUV.

Si ce budget revient au vote et est adopté, le compte à rebours de 150 jours commencera. La Haye devra alors choisir : s’aligner ou risquer des sanctions.

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