La Solana Foundation a lancé hier un programme permettant aux acteurs institutionnels de régler leurs transactions sur la blockchain en quelques secondes. Les banques ont aujourd’hui besoin d’un à deux jours, avec un risque qui pèse depuis des décennies sur le secteur financier. JPMorgan a également contribué au projet.

Solana DvP : un échange simultané des fonds et des titres

Le programme s’appelle Solana DvP, pour « delivery-versus-payment », ou livraison contre paiement. Le principe rappelle celui d’une vente immobilière chez le notaire : l’acheteur ne reçoit les clés qu’une fois les fonds versés, et réciproquement.

Sur les marchés boursiers, le règlement-livraison passe par des chambres de compensation et des banques dépositaires, des intermédiaires qui garantissent que chaque partie honore ses engagements. Pendant toute cette période, les capitaux restent immobilisés.

Solana DvP regroupe ces étapes en une seule transaction. Le transfert des titres et le paiement s’effectuent simultanément, ou aucun des deux n’a lieu. Le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque qu’une partie n’honore pas son engagement après avoir reçu son dû, disparaît ainsi.

Selon Catherine Gu, responsable des produits liés aux actifs numériques à la Solana Foundation, le règlement atomique élimine le risque de contrepartie inhérent à la finance traditionnelle.

D’après elle, le délai nécessaire pour qu’une transaction devienne irrévocable passe de plusieurs jours à quelques secondes. Un à deux jours représentent 86 400 à 172 800 secondes. Même avec un règlement en dix secondes, le processus est donc environ 8 600 à 17 000 fois plus rapide.

JPMorgan a apporté son expertise technique

Jusqu’à présent, les acteurs institutionnels faisaient développer pour chaque opération sur la blockchain un contrat intelligent spécifique, un code qui exécute automatiquement un accord. Solana DvP remplace ces solutions sur mesure par une norme unique à code ouvert.

JPMorgan a apporté des décennies d’expertise en matière de règlement-livraison, notamment sur les délais à respecter. Rhodel D’souza, responsable des actifs numériques au sein de la division marchés de la banque, se dit satisfait du résultat.

Pour Rhodel D’souza, une norme ouverte et commune de livraison contre paiement atomique constitue précisément le type d’infrastructure fondamental dont les acteurs institutionnels ont besoin pour opérer à grande échelle sans créer de risque de règlement ni d’exposition aux contreparties. Il souligne que JPMorgan a volontiers apporté son expertise en matière de règlement-livraison.

Un concept déjà testé, cette fois sur une blockchain publique

L’idée n’est pas entièrement nouvelle. Kinexys, la plateforme blockchain de JPMorgan, a déjà testé une opération similaire avec la plateforme de tokenisation Ondo Finance.

ClearToken assure également le règlement de transactions sur Canton Network, un réseau à accès restreint. Solana se distingue par une norme ouverte déployée sur une blockchain publique.

Le programme a passé des audits de sécurité externes et peut désormais traiter des fonds réels. Il ne dispose toutefois pas encore de fonctions de confidentialité, alors que les acteurs institutionnels en avaient fait une condition préalable en février, lors de la conférence sur les cryptomonnaies Consensus Hong Kong.

La Solana Foundation prévoit d’ajouter ces fonctions ultérieurement, sans avancer de date pour le moment.

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