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Kevin Warsh est sur le point de devenir le nouveau président de la banque centrale américaine (Federal Reserve). Le Sénat vote cette semaine sur sa nomination, et l’issue semble déjà acquise. Warsh succéderait ainsi à Jerome Powell, dont le mandat se termine le 15 mai.

Un fidèle de Trump à la tête de la Fed

Le vote est prévu pour mercredi et devrait suivre les lignes de parti. Les Républicains disposent d’une majorité de 53 sièges et une simple majorité suffit. Le Démocrate John Fetterman a indiqué qu’il voterait pour, offrant ainsi un peu plus de marge à Warsh.

Pour Trump, c’est une victoire que Jerome Powell vide bientôt son bureau. En effet, le président a longtemps critiqué publiquement le patron de la Fed. Il a même lancé une offensive juridique en ouvrant une enquête pénale sur les coûts exorbitants de la rénovation du siège de la Fed.

Cette enquête a été abandonnée le mois dernier par le ministère américain de la Justice. Cela a levé le dernier obstacle pour Warsh, car le Républicain Thom Tillis avait précédemment menacé de bloquer sa nomination tant que l’enquête était en cours.

Warsh hérite d’un dossier compliqué. L’inflation dépasse depuis plus de cinq ans l’objectif de 2 %, et elle repart à la hausse en raison de la guerre en Iran. Les prix du pétrole ont fortement augmenté car le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole, est bloqué.

Dans le même temps, Trump s’attend à ce que son protégé abaisse rapidement les taux d’intérêt. La commission des taux de la Fed est d’un autre avis et préfère ne pas toucher aux taux pour le moment. Warsh risque donc de se retrouver coincé entre la Maison-Blanche et ses propres décideurs.

Warsh était autrefois connu comme un « faucon », préférant maintenir des taux élevés pour maîtriser l’inflation. Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, il plaide plutôt pour des baisses rapides des taux.

Dans une tribune publiée en novembre dernier dans le Wall Street Journal, Warsh a qualifié le conseil d’administration de la Fed de « défaillant ». Il a décrit la banque centrale comme « une institution dont la portée dépasse largement son emprise », c’est-à-dire qu’elle va trop au-delà de ses fonctions.

Powell refuse de quitter les lieux

Powell ne part pas complètement. Il reste en tant que gouverneur jusqu’à ce que les attaques juridiques contre la Fed soient vraiment terminées. Une telle démarche est extrêmement inhabituelle; aucun président sortant ne l’a fait depuis des décennies.

Cela permet à Powell de garder une carte dans sa manche. Sa présence offre aux dirigeants de la Fed, qui sont en désaccord avec Warsh, un filet de sécurité naturel. Lors de sa dernière conférence de presse, Powell a déclaré que Warsh lui avait promis de résister à la pression politique, et qu’il le « croit sur parole ».

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren est bien moins conciliante. Elle qualifie Warsh de « marionnette » de Trump et avertit que l’indépendance de la Fed est en jeu. Une banque centrale indépendante est depuis des décennies considérée comme une pierre angulaire d’une économie saine.

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