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Les Émirats arabes unis ont annoncé leur sortie du cartel pétrolier de l’OPEP comme une opportunité de répondre plus rapidement à la crise énergétique due à la guerre en Iran. Cependant, cette décision reflète un développement plus large : les tensions croissantes entre les Émirats et l’Arabie saoudite.

Bien que ces deux voisins du Golfe soient sur de nombreux fronts des alliés naturels, leur histoire est marquée de désaccords. Les deux pays sont désormais engagés ouvertement dans une lutte pour l’influence régionale.

L’Arabie saoudite se voit comme le leader du monde arabe et islamique, tandis que la puissance économique croissante des Émirats incite ces derniers à adopter une politique étrangère plus indépendante.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran a également mis en lumière leurs divergences quant à la meilleure manière de combattre cet ennemi commun et ses proxys régionaux.

Pourquoi les Émirats quittent l’OPEP

Au sein de l’OPEP, l’Arabie saoudite et les Émirats s’entendaient généralement, mais se heurtaient souvent sur la production. Riyad souhaitait restreindre l’offre pour soutenir les prix du pétrole, tandis qu’Abou Dhabi voulait augmenter la production pour rentabiliser ses investissements passés. Ces tensions se sont accrues au fil des ans.

Les Émirats avaient déjà envisagé de quitter l’OPEP par le passé, sans jamais passer à l’acte. Le contexte actuel semble pourtant propice. Selon le ministre de l’Énergie Suhail Al Mazrouei, les troubles liés à la guerre en Iran offrent une opportunité de s’émanciper. Les perturbations du marché pétrolier requièrent une action rapide, incompatible avec la lenteur du processus décisionnel collectif au sein du cartel.

En pratique, cela revient à une chose : les Émirats veulent plus de liberté. Le pays anticipe une forte augmentation de la demande pétrolière une fois le détroit d’Ormuz rouvert et souhaite réagir immédiatement. Les contraintes de production pour tenir compte des autres membres de l’OPEP semblent désormais obsolètes.

Pourquoi les relations se refroidissent

Les deux plus grandes économies du monde arabe partagent de nombreux points communs. Chacun de ces pays est dirigé par une dynastie puissante qui utilise les revenus pétroliers pour renforcer sa position intérieure et étendre son influence internationale. Ils sont aussi des alliés clés des États-Unis et cherchent activement à se rapprocher de Washington pour maintenir leur poids politique.

Ils ont longtemps été alignés sur le plan régional. Ensemble, ils ont fait front contre le Printemps arabe, perçu comme une source d’instabilité, notamment en Égypte et en Tunisie. Au Yémen, ils ont d’abord uni leurs forces pour soutenir la lutte contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran.

Pourtant, cette coopération s’est érodée ces dernières années. L’Arabie saoudite critique de plus en plus le rôle des Émirats dans les zones de conflit, accusant Abou Dhabi de soutenir des groupes séparatistes, tandis que les Émirats reprochent aux Saoudiens leurs liens avec des mouvements islamistes. Au Yémen, leurs intérêts divergeaient tellement que les deux pays ont fini par soutenir des camps différents, les tensions allant jusqu’à une attaque saoudienne sur une livraison d’armes en provenance des Émirats vers le Yémen.

Au Soudan également, les deux pays s’opposent. Le gouvernement accuse les Émirats de soutenir une milice combattant l’armée soutenue par l’Arabie saoudite, ce que les Émirats démentent. Pendant ce temps, Riyad tente de réduire l’influence des Émirats ailleurs, par exemple en poussant la Somalie à limiter sa coopération avec Abou Dhabi.

Différentes stratégies face à l’Iran

Bien que les Émirats et l’Arabie saoudite considèrent tous deux l’Iran et ses alliés régionaux comme la principale menace, leur approche diffère. Les Émirats ont toujours cherché à maintenir une relation de travail avec Téhéran, pour des raisons économiques notamment : Dubaï a longtemps servi de carrefour commercial et d’investissement pour l’Iran, même en période de lourdes sanctions occidentales. Lorsque l’Arabie saoudite a rompu ses relations diplomatiques en 2016, les Émirats ont gardé une porte ouverte en remplaçant leur ambassadeur par un représentant diplomatique de rang inférieur.

Depuis les attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran fin février, les divergences se sont accentuées. Les deux pays ont été la cible de missiles et de drones iraniens, mais leurs réactions ont divergé.

Les Émirats optent pour une approche plus dure et directe. Inquiets de leur position en tant que centre mondial du commerce et de la finance, ils ont envisagé de participer à des actions militaires contre l’Iran et ont plaidé pour un soutien international afin de rouvrir le détroit d’Ormuz par la force si nécessaire.

En revanche, l’Arabie saoudite privilégie la diplomatie et des négociations discrètes pour désamorcer le conflit, évitant les plans d’escalade militaire directe.

Rivalité économique dans le Golfe

Au-delà de la géopolitique, une lutte économique claire se dessine. Tant les Émirats que l’Arabie saoudite cherchent à réduire leur dépendance au pétrole en développant de nouveaux secteurs pour créer davantage d’emplois de qualité.

Les Émirats ont pris de l’avance dans ce domaine. Dubaï et Abou Dhabi sont depuis longtemps le cœur financier du Moyen-Orient. Grâce à une fiscalité faible, des règles de visa souples et un climat d’affaires ouvert, ils attirent massivement les entreprises internationales et les expatriés fortunés. Dubaï est particulièrement prisé pour sa qualité de vie et ses règles de vie relativement libérales par rapport aux autres pays de la région.

L’Arabie saoudite s’efforce désormais de rattraper ce succès. Riyad mise fortement sur l’attraction d’entreprises internationales pour devenir le nouveau centre financier de la région. Des réformes sociales ont également été engagées pour rendre le pays plus attractif. Les règles ont été assouplies, les femmes participent davantage au marché du travail et des événements, du sport et des divertissements autrefois impensables y voient le jour.

Cette dynamique intensifie la concurrence. Alors que les Émirats ont longtemps été l’acteur économique dominant, l’Arabie saoudite cherche activement à prendre cette place.

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