Mark Zuckerberg, le patron de Meta, estime que son groupe a rattrapé son retard sur des concurrents comme OpenAI et Anthropic. Selon lui, Meta figure désormais parmi les leaders de l’intelligence artificielle (IA). Il rejette toutefois les appels à ralentir le développement de cette technologie. Cette position tranche avec les inquiétudes du secteur, alors que Meta lance un nouveau modèle d’IA et intensifie la concurrence.
Zuckerberg refuse de ralentir le développement de l’IA
Selon le Financial Times, Zuckerberg est convaincu que Meta peut désormais rivaliser avec les systèmes d’IA les plus avancés au monde. Le groupe technologique semble ainsi avoir comblé une part importante de son retard.
Le patron de Meta voit par ailleurs peu de raisons de ralentir le développement de l’IA. Selon des informations relayées par The Kobeissi Letter, Zuckerberg a écarté les craintes selon lesquelles les progrès de l’intelligence artificielle seraient si rapides que les humains pourraient bientôt en perdre le contrôle.
Cette position ne passe pas inaperçue. Alors que les risques liés à des systèmes d’IA toujours plus puissants font débat, Zuckerberg se prononce clairement pour la poursuite de leur développement.
Meta y voit aussi un intérêt commercial. Le groupe investit massivement dans l’intelligence artificielle et cherche à développer de nouvelles sources de revenus, au-delà de ses activités publicitaires traditionnelles.
Ces ambitions se sont de nouveau concrétisées lundi avec le lancement de Muse Wonder, un nouveau modèle d’IA capable, selon Meta, de rivaliser avec les systèmes les plus puissants d’OpenAI et d’Anthropic.
Meta lance un puissant concurrent de ChatGPT
Le nouveau modèle, Muse Wonder, doit rendre l’assistant numérique Muse nettement plus performant. Selon Meta, il surpasse les modèles concurrents d’OpenAI et d’Anthropic dans plusieurs tests.
Alexandr Wang, qui dirige les activités d’IA de Meta, explique que le modèle a avant tout été conçu pour exécuter des tâches complexes de manière autonome.
Il peut s’agir, par exemple, de réserver une table au restaurant, de vérifier des disponibilités ou de mener à bien des tâches malgré des difficultés imprévues.
Selon Wang, les assistants d’IA existants se retrouvent régulièrement bloqués lorsqu’une tâche ne se déroule pas comme prévu. Muse Wonder a donc été entraîné à chercher seul d’autres solutions.
Le modèle disposerait également d’une meilleure mémoire, d’une capacité accrue à rester concentré sur des tâches complexes et de connaissances plus étendues en matière de santé, de finance et de droit.
Wang a déclaré au Wall Street Journal que Meta estimait ce modèle d’IA avancé capable de rivaliser avec les meilleurs modèles disponibles.
Avec cette technologie, Meta veut occuper une place plus importante dans le quotidien de ses utilisateurs. Le mois dernier, Zuckerberg présentait déjà Muse comme la pièce maîtresse de la stratégie d’IA de son groupe.
L’accès aux fonctionnalités les plus avancées reste toutefois payant.
Les utilisateurs doivent choisir entre des abonnements à 20 ou 100 dollars par mois. Les développeurs pourront également accéder au modèle via une interface de programmation, à un coût qui, selon Wang, sera nettement inférieur à celui des modèles comparables d’OpenAI et d’Anthropic.
Meta lance également une version encore plus puissante, Muse Wonder Full. Elle sera réservée aux développeurs disposant d’un abonnement Muse Code à 50 ou 200 dollars par mois.
Près de 9 millions de téléchargements, mais des inquiétudes persistent
Ce lancement intervient à un moment important pour Meta. Depuis son arrivée le mois dernier, l’assistant d’IA Muse a été téléchargé près de neuf millions de fois dans le monde.
Peu après son lancement, l’application a même atteint la première place du classement de l’App Store d’Apple.
Certains signes laissent toutefois penser que l’engouement initial s’essouffle. Selon les données du cabinet d’études Sensor Tower, le rythme des nouveaux téléchargements ralentit. La proportion d’utilisateurs encore actifs après quatorze jours est également plus faible que pour ChatGPT.
Meta espère que son nouveau modèle d’IA permettra d’inverser cette tendance.
Le groupe reste toutefois confronté à des interrogations sur la confidentialité et la sécurité. Sur les réseaux sociaux, certains utilisateurs se sont plaints que Muse avait consulté leurs messages personnels sans leur autorisation.
Meta conteste ces accusations.
Selon Wang, un malentendu peut survenir lorsque des utilisateurs ont autorisé certaines actions plus tôt dans une conversation, mais ne s’en souviennent plus ensuite.
Le groupe affirme donc vouloir mieux informer les utilisateurs sur les capacités et les risques de son assistant d’IA.
Meta souligne également que Muse Wonder bénéficie des protections les plus robustes que le groupe ait développées à ce jour pour prévenir les usages malveillants dans le domaine de la cybersécurité. Ces protections supplémentaires ne sont, pour l’heure, disponibles que dans la version payante.
Ce lancement fait suite à une profonde réorganisation des activités d’IA de Meta. Après les résultats décevants du précédent modèle, Llama 4, Zuckerberg a recruté Wang en 2025 pour diriger la nouvelle division Meta Superintelligence Labs.
Cette division travaille sur ce que Zuckerberg appelle la « superintelligence personnelle ». L’objectif à terme est de donner à des milliards d’utilisateurs accès à des systèmes d’IA capables d’exécuter seuls des tâches toujours plus complexes.
La concurrence ne reste pas inactive. OpenAI a récemment lancé son propre assistant d’IA, Dots, tandis que Google développe une technologie similaire avec Gemini Spark.
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