La bataille juridique autour du projet NFT raté CryptoZoo prend une nouvelle tournure. Un juge américain estime que les accusations contre le YouTuber Logan Paul sont en grande partie insuffisamment étayées. Toutefois, le groupe d’acheteurs lésés est encore autorisé à modifier sa plainte. Paul est-il pour autant définitivement hors de cause, ou une procédure suivra-t‑elle malgré tout ?
Les accusations contre Logal Paul ne sont surtout que des ‘fragments de faits’
L’action collective a été intentée en février 2023 par des acheteurs de CryptoZoo. Ils affirment que Paul et ses partenaires ont effectué ce qu’on appelle un ‘rug pull’, un projet lancé avec de grandes attentes mais qui n’a jamais réellement décollé. Selon la plainte, des milliers de dollars ont été perdus.
Le juge magistrat Ronald Griffin écrit dans un rapport de 75 pages que les plaintes, en l’état, ne contiennent « seulement que des fragments de faits ». Selon lui, cela ne permet pas de prouver que Paul a directement profité de l’effondrement du projet.
L’une des accusations les plus graves, la ‘commodity pool fraud’, est même définitivement rejetée. Le raisonnement selon lequel les NFT de CryptoZoo seraient des contrats de livraison future relève, selon le juge, d’une « gymnastique mentale » qu’il ne peut suivre.
Le groupe plaignant a toutefois la possibilité de modifier 26 des 27 chefs d’accusation. Il s’agit d’allégations allant de la fraude et de la négligence à la conspiration et aux violations des lois sur la protection des consommateurs dans plusieurs États. Sans ces modifications, l’affaire semble vouée à l’échec.
Logan Paul pointe ses cofondateurs
Paul a toujours soutenu qu’il n’était pas responsable de l’échec de CryptoZoo. Début cette année, il a même affirmé que deux cofondateurs l’auraient trompé.
Par ailleurs, en janvier 2023, il a annoncé un plan de remboursement de 2,3 millions de dollars. Les acheteurs pouvaient faire racheter leurs NFT pour 0,1 Ethereum (ETH), le prix de vente initial en 2021.
Selon les analystes qui suivent l’affaire, la question centrale est désormais de savoir si le groupe de plaignants est en mesure d’apporter des preuves suffisantes que Paul a été consciemment impliqué dans une éventuelle fraude. Sans ce lien direct, il est fort probable qu’il disparaisse du dossier.
Pour les acheteurs, c’est un scénario décevant. Ils espéraient obtenir, via le tribunal, non seulement une compensation, mais aussi la reconnaissance qu’il y a eu une tromperie à grande échelle. Les prochains mois diront si leur plainte amendée tient malgré tout.
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