L’Iran et Oman ont conclu, selon l’armée iranienne, des accords sur le partage des revenus tirés du détroit d’Ormuz. Les discussions sur cette voie maritime stratégique semblent ainsi avoir davantage avancé que ce qui avait été annoncé la veille.
Pour autant, cet accord ne signifie pas une réouverture immédiate et complète du détroit d’Ormuz. Téhéran pose des conditions supplémentaires et accuse les États-Unis de ralentir les négociations.
L’Iran et Oman s’accordent sur le partage des revenus
L’Iran et Oman ont conclu, selon les Gardiens de la révolution iraniens (CGRI), des accords sur la répartition des revenus générés par le détroit d’Ormuz. Les deux pays seraient également parvenus à un accord sur leur part respective dans les eaux de ce passage maritime d’importance stratégique.
“Des accords ont été conclus sur la part de chaque pays dans les eaux du détroit, ainsi que sur la part de l’Iran et d’Oman dans les revenus”, a déclaré mercredi le porte-parole du CGRI, Hossein Mohebbi, au média d’État iranien Sepah News.
Le montant que les navires pourraient être amenés à payer, la nature exacte des services concernés et les modalités de partage des recettes entre l’Iran et Oman n’ont pas encore été précisés.
La déclaration du CGRI va plus loin que le communiqué commun publié mardi par l’Iran et Oman. Les deux pays y évoquaient seulement un plan temporaire visant à relancer le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Il n’était alors fait mention ni de revenus ni d’un accord définitif.
Oman n’a par ailleurs pas encore confirmé cette nouvelle affirmation du CGRI. Le caractère définitif des accords sur les revenus reste donc incertain.
La réouverture complète d’Ormuz reste incertaine
Un accord entre l’Iran et Oman ne signifie pas pour autant que les navires pourront immédiatement circuler librement dans le détroit.
Téhéran conditionne la normalisation du trafic maritime à des engagements antérieurs avec les États-Unis. L’Iran réclame notamment un allègement des sanctions, la levée du blocus américain visant les ports iraniens et le déblocage d’avoirs iraniens gelés.
Washington n’a pour l’heure pas indiqué être disposé à satisfaire ces exigences.
Selon Hossein Mohebbi, le retard incombe donc aux États-Unis. “Les États-Unis bloquent ce processus, ce qui freine les avancées”, a-t-il affirmé, sans donner davantage de précisions.
Payer pour traverser le détroit d’Ormuz
Ce sont surtout les accords sur les revenus qui retiennent l’attention. Au cours des premières semaines de la guerre, l’Iran a commencé à demander de l’argent à certains navires en échange d’un passage sécurisé dans le détroit d’Ormuz. Téhéran a ensuite cessé de parler de péage, préférant évoquer des paiements liés à des services maritimes.
Oman avait auparavant pris ses distances avec l’idée d’un péage. En juillet, le pays avait indiqué à l’organisation maritime des Nations unies qu’il s’opposait à de telles redevances dans le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, selon Bloomberg, Oman avait averti des responsables européens que les navires pourraient malgré tout devoir payer certains services.
La nuance peut sembler minime, mais elle est importante. Faire payer un péage uniquement pour autoriser le passage dans le détroit est politiquement sensible. Des frais liés, par exemple, à l’escorte, à la sécurité ou à d’autres services maritimes peuvent être présentés différemment.
Les modalités précises des nouveaux accords entre l’Iran et Oman ne sont pas encore connues. Il reste donc également difficile de savoir quels navires devront payer, et pour quels services.
Les enjeux sont considérables. Avant la guerre, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde transitait par le détroit d’Ormuz. Depuis le 28 février, cette route maritime est en grande partie fermée, même si certains navires continuent de l’emprunter.
Un accord sur la gestion du détroit et le partage des revenus pourrait ouvrir la voie à une reprise plus large du trafic maritime. Une réouverture complète reste toutefois, pour l’instant, tributaire du bras de fer plus large entre l’Iran et les États-Unis.
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