L’or et surtout le Bitcoin (BTC) progressent nettement après l’intervention du Trésor américain sur les taux. Le cours du Bitcoin est passé d’environ 62 000 dollars en début de semaine à 76 000 dollars. Le marché voit dans cette décision des autorités américaines le signe que les responsables politiques ne veulent pas laisser les taux longs monter sans limite.
Cette décision est interprétée comme un choix en faveur de l’inflation, de la croissance économique et contre une nouvelle appréciation du dollar.
Les États-Unis ont un problème de taux
L’État américain doit emprunter des montants considérables. Rien qu’aux troisième et quatrième trimestres 2026, le Trésor prévoit de lever environ 1 370 milliards de dollars. Ce n’est pas nouveau en soi. Les États-Unis accumulent depuis des années d’importants déficits budgétaires.
Mais la grande question est la suivante : qui veut conserver cette dette pendant dix, vingt ou trente ans ?
Cette semaine, le rendement des emprunts d’État américains à 30 ans est monté à 5,33 %, son plus haut niveau depuis 2007. Le lendemain, le Trésor a annoncé qu’il allait racheter davantage d’obligations d’État de long terme.

C’est important, car les taux longs se répercutent sur l’ensemble de l’économie. Lorsque le taux à 30 ans augmente, les crédits immobiliers, les prêts aux entreprises et les investissements deviennent plus coûteux. Dans le même temps, les obligations d’État jugées sûres deviennent plus attractives face aux actions, au Bitcoin et à l’or.
L’intervention est limitée, mais le signal est fort
Le programme de rachats ne constitue pas une création monétaire comme dans le cadre des politiques de soutien menées par une banque centrale. Le Trésor ne peut pas simplement créer de l’argent. Ces achats supplémentaires doivent être financés autrement, probablement par davantage de dette à court terme.
Il ne faut donc pas surestimer son impact direct. Les achats supplémentaires d’obligations de long terme restent modestes par rapport au total des émissions nettes de dette américaine. Il ne s’agit donc pas d’une tentative de plafonner artificiellement les taux longs.
Mais le signal compte. Washington montre qu’un rendement à 30 ans supérieur à 5 % devient inconfortable. Le marché comprend le message ainsi : si les taux longs montent trop vite, la pression politique pour intervenir augmentera. C’est précisément ce à quoi l’or et le Bitcoin réagissent favorablement.
Le problème de la dette ne disparaît pas
En émettant davantage de dette à court terme et en proposant moins d’obligations de long terme au marché, celui-ci doit absorber moins de risque de taux sur plusieurs décennies. Cela peut faire baisser temporairement les taux longs.
Mais cela ne règle pas le problème de fond. La dette à court terme doit être refinancée plus rapidement. Si les taux restent élevés, cela pourrait au contraire devenir douloureux par la suite. Sans réduction des déficits budgétaires, les États-Unis resteront enfermés dans le même arbitrage : davantage de dette courte, davantage de dette longue, ou une combinaison des deux.
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