JPMorgan Chase enregistre un chiffre d’affaires record au premier trimestre. La plus grande banque des États-Unis a généré 11,6 milliards de dollars grâce au trading, soit une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente.
Les activités de trading d’actions, d’obligations, de devises et de matières premières ont toutes dépassé les attentes des analystes.
La politique de Trump comme modèle économique
Ces chiffres records ne tombent pas du ciel. Depuis la victoire électorale de Donald Trump en 2024, les divisions de trading à Wall Street traversent une période exceptionnellement forte. Sa politique engendre régulièrement des mouvements brusques sur les marchés financiers, allant des actions aux taux d’intérêt et aux matières premières.
Cette volatilité attire massivement les investisseurs sur le marché. Plus les fluctuations sont importantes, plus les transactions augmentent, et plus les banques gagnent en facilitant ces opérations.
Les tensions autour de l’Iran ont encore renforcé cet effet au premier trimestre. La guerre, le blocage du détroit d’Ormuz et les signaux contradictoires concernant de possibles pourparlers de paix ont provoqué une agitation supplémentaire sur les marchés. Pour les traders, cette incertitude signifie avant tout une chose : des opportunités.
La bourse atteint un record
Le trading d’actions a été le grand gagnant, établissant un nouveau record. La division obligataire, de devises et de matières premières a également affiché de solides performances, avec 7,08 milliards de dollars de revenus, marquant le deuxième meilleur trimestre jamais enregistré pour cette branche.
Il est intéressant de noter la différence avec le concurrent Goldman Sachs. Cette banque a en effet annoncé un trimestre décevant pour la négociation d’obligations, restant plus de 800 millions de dollars en dessous des prévisions des analystes.
Outre les activités de trading, la banque d’investissement a également fonctionné à plein régime. Les revenus issus du conseil en fusions et acquisitions ont grimpé de 82 % pour atteindre 1,27 milliard de dollars.
Dimon reste prudent malgré des chiffres records
Malgré des résultats solides, le PDG Jamie Dimon reste prudent. Selon lui, l’économie américaine a fait preuve de résilience au premier trimestre. Les consommateurs continuent de dépenser et les entreprises se portent généralement bien.
Dimon observe cependant une accumulation croissante de risques. Il souligne les tensions géopolitiques et les guerres, la fluctuation des prix de l’énergie, l’incertitude autour du commerce et l’augmentation rapide de la dette publique.
Il s’est également exprimé sur le marché du crédit privé, source d’inquiétudes ces dernières semaines. Dans sa lettre annuelle aux actionnaires, Dimon affirme que ce marché ne représente probablement pas un risque systémique immédiat.
Néanmoins, il avertit qu’un nouveau cycle de crédit est inévitable. Selon lui, lorsque ce retournement se produira, les pertes seront supérieures aux attentes actuelles de nombreux investisseurs.
Prévisions légèrement revues à la baisse
JPMorgan a légèrement revu ses prévisions de revenus d’intérêts à la baisse. La banque table désormais sur environ 103 milliards de dollars pour 2026, contre 104,5 milliards précédemment attendus.
Parallèlement, les coûts ont été plus élevés que prévu, atteignant 26,9 milliards de dollars au dernier trimestre.
Les investisseurs ont réagi avec prudence. L’action, déjà sous pression cette année, a chuté de 0,7 % à l’ouverture. Ainsi, le marché semble se concentrer moins sur les chiffres records que sur l’incertitude quant à l’avenir.
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