Le temps presse pour le marché des cryptomonnaies. Google a fixé une échéance à 2029 pour protéger tous ses systèmes contre les ordinateurs quantiques et exhorte le reste du monde technologique à faire de même. Bitcoin (BTC) fonctionne sur la même sécurité vulnérable, et les développeurs devront intensifier leurs efforts.
Google met la pression sur l’industrie technologique
Cette semaine, Google a averti que les progrès rapides dans le domaine du matériel quantique et de la correction d’erreurs ont considérablement augmenté l’urgence. C’est la première fois que le géant de la technologie établit un calendrier précis pour déployer une sécurité résistante aux ordinateurs quantiques dans tous ses produits.
« Les ordinateurs quantiques représentent une menace importante pour les normes cryptographiques actuelles, notamment pour le chiffrement et les signatures numériques », selon Google.
L’échéance de 2029 est plus proche que beaucoup d’estimations pour le jour dit « Q-Day ». C’est le moment où les ordinateurs quantiques seront suffisamment puissants pour casser la sécurité actuelle.
Google travaille également dur pour cette future réalité. L’entreprise développe la puce Willow, un processeur quantique avec 105 qubits, ce qui en fait l’un des plus puissants au monde. Cette puce n’est pas encore assez puissante pour briser la sécurité, mais son développement progresse rapidement.
JP Richardson, PDG de l’entreprise de logiciels Exodus, a réagi sur X :
« Cela signifie que Bitcoin a trois ans pour migrer plus de 6,5 millions de BTC vers des adresses moins vulnérables. C’est le plus grand défi de coordination de l’histoire de Bitcoin. »
Des millions de cryptomonnaies en danger
Chaque portefeuille Bitcoin possède deux clés : une clé publique, comparable à un numéro de compte, et une clé privée secrète permettant de signer des transactions.
En général, il est pratiquement impossible de déduire la clé privée à partir de la clé publique. Il faudrait des millions d’années à un ordinateur classique pour cela. En théorie, les ordinateurs quantiques pourraient y parvenir grâce à un algorithme spécifique.
Les anciens portefeuilles sont particulièrement à risque. Pour les toutes premières adresses Bitcoin, telles que celles du mystérieux créateur Satoshi Nakamoto, la clé publique est directement visible sur la blockchain. De même, ceux qui ont déjà envoyé des Bitcoins et les ont ensuite reçus à nouveau sur la même adresse sont vulnérables.
Selon un rapport de la Human Rights Foundation, environ 6,5 millions de Bitcoins sont vulnérables. Parmi ceux-ci, 1,72 million se trouvent dans de vieilles adresses probablement perdues ou intransférables, y compris les 1,1 million de pièces estimées de Satoshi. Les 4,49 millions restants se trouvent dans des adresses réutilisées dont les propriétaires peuvent encore déplacer leurs pièces vers des endroits plus sûrs.
Les blockchains elles-mêmes, c’est-à-dire la chaîne de blocs de transactions, sont sécurisées. Les fonctions de hachage qui lient les blocs entre eux résistent aux ordinateurs quantiques. Les réseaux continueront donc de fonctionner normalement.
Ethereum et Solana déjà en action
La Fondation Ethereum a lancé cette semaine une base de connaissances spéciale pour la sécurité post-quantique. L’équipe vise à intégrer des solutions résistantes aux ordinateurs quantiques au niveau du protocole d’ici 2029.
Vitalik Buterin, cofondateur, a présenté plus tôt cette année une feuille de route pour aborder quatre éléments vulnérables : la façon dont les transactions sont validées, la manière dont les données sont stockées, la sécurité des comptes et le contrôle des calculs.
Solana a également franchi une étape. Début 2025, les développeurs ont créé un coffre-fort résistant aux ordinateurs quantiques permettant aux utilisateurs de mieux protéger leurs pièces. Ce n’est pas une mise à niveau à l’échelle du réseau, mais une option pour ceux qui veulent anticiper.
Bitcoin divisé sur la stratégie à adopter
Pour Bitcoin, la situation est beaucoup plus partagée. Adam Back, dirigeant de Blockstream et cryptographe britannique ayant joué un rôle clé dans la genèse technique de Bitcoin, estime que les inquiétudes quantiques sont largement exagérées et qu’il n’est pas nécessaire d’agir avant des décennies.
En revanche, le chercheur en sécurité Ethan Heilman a proposé une initiative, BIP-360, destinée à protéger les adresses Bitcoin contre les attaques quantiques. Mais même cette mise en œuvre pourrait nécessiter environ sept ans.
Selon un rapport d’ARK Invest et Unchained, il est peu probable qu’il y ait un Q-Day soudain, mais plutôt un développement progressif qui donnerait au marché le temps de s’adapter.
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