La fuite de la blocage américain sur les exportations de pétrole iranien est manifeste. Au moins deux supertankers iraniens entièrement chargés ont navigué cette semaine devant la marine américaine dans le golfe Persique.
Depuis le début du blocus la semaine dernière, un total de 34 navires pétroliers et gaziers iraniens ont réussi à s’échapper. Ils ont transporté ensemble environ 9 millions de barils de pétrole, selon les données satellites de la société de renseignement Vortexa.
Deux supertankers passent inaperçus
Les Hero II et Hedy, deux supertankers iraniens de type VLCC, ont été aperçus le 20 avril sur des images satellites franchissant la ligne de blocus américaine dans la mer d’Arabie. Ensemble, ces deux navires peuvent transporter jusqu’à 4 millions de barils de pétrole.
Les deux tankers avaient désactivé leurs transpondeurs pour éviter d’être détectés. Le Hero II avait été vu pour la dernière fois il y a plus d’un mois dans le détroit de Malacca. La Hedy avait envoyé sa dernière position fin février près de Khor Fakkan. Leur destination finale reste inconnue, mais la majorité des exportations de pétrole iranien est destinée à la Chine.
Un blocus moins efficace qu’annoncé
Les chiffres contredisent l’image présentée par le président Trump, qui a qualifié le blocus de « grand succès ». Pourtant, sur les 19 navires ayant quitté le golfe Persique depuis la semaine dernière, 17 étaient chargés. Les Iraniens contournent la marine américaine en désactivant les transpondeurs et en naviguant le long des côtes iranienne et omanaise.
Depuis le début du blocus, les États-Unis ont saisi un navire de marchandises iranien et intercepté un pétrolier sanctionné dans les eaux à l’est du Sri Lanka. Cela ne représente qu’une fraction du trafic total qui parvient à s’échapper.
Plus de navires testent les limites
Le flux continue. Le G Summer, un petit pétrolier de GPL sanctionné, a franchi le détroit mardi et a dépassé la frontière du blocus. Le Lian Star, un cargo sous pavillon gambien, a fait de même et navigue désormais près de la côte iranienne.
L’Atlantis II, un pétrolier sanctionné, a navigué mardi soir en direction d’Hormuz et se trouve actuellement près de l’île de Larak. Le LPG Sevan, un tanker qui avait précédemment transporté des cargaisons iraniennes, approche également du détroit. Et l’Ocean Jewel, un tanker appartenant à des Chinois sans liens connus avec l’Iran, navigue dans les mêmes eaux.
L’Iran tire sur un porte-conteneurs
De l’autre côté du blocus, l’Iran maintient sa propre fermeture. Mercredi, la marine iranienne a ouvert le feu sur un porte-conteneurs près du détroit, causant de lourds dégâts, selon la marine britannique. L’Iran refuse d’ouvrir Hormuz tant que le blocus américain des ports iraniens se poursuit.
Cessez-le-feu prolongé, blocus maintenu
Le président Trump a prolongé mardi le cessez-le-feu avec l’Iran indéfiniment, mais a souligné que le blocus reste en place. Environ 800 navires sont encore bloqués dans le golfe Persique. L’Organisation maritime internationale travaille sur un plan d’évacuation pour cette flotte, mais cela dépend d’une désescalade supplémentaire.
La situation montre à quel point il est difficile de maintenir un blocus maritime efficace contre un pays qui contrôle ses propres eaux côtières. L’Iran perd des revenus pétroliers, mais continue d’exporter. Les États-Unis revendiquent un succès, mais les images satellites racontent une autre histoire.
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